Umbrella academy, Saison 1, série de Steve Blackman, commentaire

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Umbrella academy,
      Saison 1,     2019 
 
de : Steve  Blackman, 
 
avec : Elliot Page, Tom Hopper, David Castañeda, Emmy Raver-Lampman, Robert Sheehan, Colm Feore,
 
Musique : Perrine Virgile, Jeff Russo


 
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Octobre 1989. À travers le monde, 43 femmes accouchent brusquement... alors qu'elles n'ont jamais été enceintes. Reginald Hargreeves (Colm Feore), un milliardaire excentrique et secret, achète sept de ces bébés à leurs mères et les élève. Une trentaine d'années plus tard, cinq de ces enfants se retrouvent au manoir de leur "père", qui vient de mourir. L'un d'entre eux, Luther (Tom Hopper), est convaincu que, contrairement aux conclusions du médecin légiste, la mort du vieillard n'est pas naturelle...
 
 Ce qui frappe d'emblée dans l'ouverture de cette histoire improbable, c'est une opposition flagrante. À savoir une esthétique qui rappelle celle de «Gotham», élégante, classieuse, léchée, avec accompagnement de musique classique, qui sert d'écrin à la truculence de certains personnages et aux débordements de ces enfants qui se révèlent bien entendu dotés de pouvoirs extraordinaires. Et, dans le genre, l'éclectisme est de mise. C'est en particulier le cas pour Diego (David Castañeda), combattant hors pair, et surtout de numéro 5 (Aidan Gallagher), âgé de treize ans, mais qui a en réalité effectué un saut dans le temps durant quarante-cinq ans, pour revenir dans la peau d'un éternel adolescent capable également de déplacements instantanés dans l'espace, ce qui est fort pratique pour échapper aux tueurs qui le pourchassent. Histoire de corser un peu plus la galerie des personnalités décalées, nous avons aussi droit à Grace (Jordan Claire Robbins), la "mère" animatronique des enfants, ainsi qu'au majordome de Reginald, Pogo (Adam Godley), qui se révèle être... un chimpanzé très stylé. En ce qui concerne les rejetons, c'est aussi un carton plein côté insolite. Luther, envoyé par son père sur la lune, en est revenu dans le corps d'un monstre hirsute, Klaus (Robert Sheehan) passe son temps à se droguer, Allison (Emmy Raver-Lampman) a perdu la garde de sa fille Claire pour cause d'utilisation de ses pouvoirs, tandis que Diego discute avec son frère Ben (Justin H. Min) décédé depuis plusieurs années. Les méchants de l'histoire, Cha Cha (Mary J. Blige) et Hazel (Cameron Britton), le bouffeur de donuts, ne sont pas en reste. Seule, dans un premier temps tout au moins, la jeune violoniste Vanya (Elliot Page) paraît échapper à l'anormalité générale. Ce qui est assez exceptionnel, c'est que le récit parvient assez rapidement à rassembler les membres profondément insolites de cette fratrie artificielle pour dessiner une famille touchante, presque conventionnelle, dont chacun des éléments est plus ou moins atteint par des traumatismes psychologiques universels : manque d'amour parental, rivalités intestines, jalousies, sentiment d'abandon...

 L'histoire en elle-même n'est pas très originale dans ses fondements, à savoir des super héros dont la mission est de sauver le monde de l'apocalypse, mais elle sait apporter une certaine inventivité dans le cours des évènements. Dans ce registre de l'insolite, l'interrogatoire très traditionnel de Klaus par Hazel et Cha-Cha se voit métamorphosé par la convocation opportune et troublante de toutes les victimes du duo qui, à l'état de fantômes, détaillent au prisonnier les conditions de leurs décès. Quant à la cause première de cette fin du monde, elle réserve elle aussi quelques surprises.

 Dans l'ensemble, cette première saison est une réussite souvent jouissive, qui a le mérite de se montrer autant un drame familial émouvant qu'une saga fantastique survitaminée. Son seul petit handicap réside dans un certain éparpillement narratif ponctuel et dans le fait qu'un ou deux épisodes (le 7ème en particulier) traînent un peu en longueur. 

   
Bernard Sellier