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À ma soeur,
        2001, 
 
de : Catherine  Breillat, 
 
  avec : Anaïs Reboux, Romain Goupil, Roxane Mesquida, Libero De Rienzo, Laura Betti, Arsinée Khanjian,
 
Musique : --


   Un été au bord de l'Atlantique. Anaïs (Anaïs Reboux) et sa soeur aînée, Elena (Roxane Mesquida) passent leurs vacances dans une résidence avec leurs parents (Romain Goupil, Arsinée Khanjian). Les deux adolescentes font un jour la connaissance de Fernando (Libero De Rienzo), un étudiant en droit italien. Elena est attirée par lui, et le retrouve la nuit dans la chambre qu'elle partage avec Anaïs. Mais, sous ses dehors libérés, elle est tout de même sujette à la crainte... 
 
   Entre "Romance X" et "Anatomie de l'enfer", Catherine Breillat explore les relations difficiles qui s'instaurent entre deux soeurs apparemment dissemblables physiquement et psychologiquement. Sans doute y a-t-elle inséré quelques réminiscences de sa propre enfance (pour l'anecdote, Marie-Hélène Breillat, d'un an plus âgée que Catherine, était, avec Johanna Shimkus, l'une de mes grandes idoles dans les années 70...). Comme à son habitude, mais avec moins de virulence, la réalisatrice explore les troubles générés par l'amour, ou l'amour-trouble si l'on préfère. Car cette union physico-spirituelle, qui devrait idéalement faire pénétrer chaque participant dans le monde de l'extase, n'est jamais, chez elle, simple, rose, gratifiante ou même envoûtante. Jalousie larvée, attirance, répulsion, envie, peurs, instants de partage, de connivence, parents totalement à côté de la plaque, tel est le lot grisâtre de ces adolescentes, qui n'ont pas encore abordé le noir de l'enfer. Bien que les deux jeunes actrices soient remarquables de justesse (ce qui n'est pas le cas des parents, au ton particulièrement emprunté), l'ensemble demeure, une fois n'est pas coutume, ennuyeux, voire éteint. Outre que trente pour cent des dialogues (surtout en ce qui concerne Fernando) sont difficilement captables, de longs plans quasiment vides donnent une impression fâcheuse de séquences partiellement inhabitées. Et puis, soudain, (à l'image du finale stupéfiant de "Etrange séduction"), les cinq dernières minutes explosent, réveillant le spectateur, qui commençait à s'assoupir, avec une violence scotchante. Même si la réplique finale d'Anaïs ouvre, avec une logique psychologique infaillible, un abîme de malaises, la note dominante que l'on conserve du film est celle d'une apathie rebutante.

   
Bernard Sellier