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Le bureau des légendes,
        Saison 1,       2015 
 
de : Eric  Rochant..., 
 
avec : Mathieu Kassovitz, Jean-Pierre Darroussin, Gilles Cohen, Sarah Giraudeau, Léa Drucker, Jonathan Zaccaï,
 
Musique : Robin Coudert

 
   
Au coeur de la DGSE, les services secrets français, existe une unité ultra confidentielle, qui gère une huitaine de personnalités infiltrées dans différents pays, sous des identités totalement artificielles. L'une d'elles, surnommée "malotru" (Mathieu Kassovitz), basée pendant 6 ans à Damas, est rappelée à Paris, ce qui met fin prématurément à sa liaison avec la belle Nadia el Mansour (Zineb Triki). Peu après, un autre agent basé à Alger, "cyclone" (Mehdi Nebbou), disparaît après avoir été conduit dans un commissariat... 
 
   S'il y a des séries qui débutent sur les chapeaux de roues, ce n'est vraiment pas le cas de celle-ci ! Sans être désagréables à suivre ou pesantes, les cinquante minutes du premier épisode laissent craindre le pire. Une suite de scènes de bureau entre ce qui nous paraît être de vieux fossiles, peine à donner une image excitante d'un service censé représenter la pointe de l'espionnage. Sans doute est-ce une déformation due aux séries américaines survitaminées qui emportent dès leur ouverture le spectateur dans un monde habité par des protagonistes artificiellement gonflé aux stéroïdes. Mais tout de même, le temps paraît long. Il faut attendre le troisième épisode pour que le scénario sorte un peu (très peu, en fait) de sa torpeur. Si l'on se place sur le plan de la crédibilité, de l'authenticité, nul doute que le résultat est de haute tenue. Il est plus que vraisemblable que, dans la vie quotidienne d'un semblable service, les réunions de crises, écoutes téléphoniques, filatures, tiennent plus de place que les affrontements entre experts en arts martiaux ou règlements de compte style O.K.Corral. Et, sur le plan de l'analyse psychologique des infiltrés, nul doute que nous assistons à un travail aussi profond que soigné. Il n'empêche que le scénario manque cruellement d'une colonne vertébrale vigoureuse. Troix axes narratifs se partagent l'espace, mais aucun d'eux (exception faite peut-être de celui où intervient la sensible et spontanée Marina (Sara Giraudeau) ne provoque une addiction réelle et soutenue. Nombre de séquences tirent en longueur et le spectateur attend vainement un réveil ou un sursaut du récit. C'est une léthargie généralisée qui semble baigner cette histoire malgré la présence d'un certain nombre de noeuds dramatiques majeurs (tout au moins sur le papier). 
 
   Sans attendre forcément une suite d'actions violentes à la "Braquo", ou à la "Homeland", il serait tout de même regrettable que les séries françaises deviennent synonymes de pensum. C'est d'autant plus regrettable que tous les acteurs, de Mathieu Kassovitz à Léa Drucker, en passant par Sara Giraudeau, Jean-Pierre Darroussin ou Jonathan Zaccaï sont excellents.

   
Bernard Sellier