Images et Mots
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" Braquo ",
         Saison 1,             2009 
 
de : Olivier Marchal..., 
 
avec : Jean-Hugues Anglade, Nicolas Duvauchelle, Karole Rocher, Michel Duchaussoy, Joseph Malerba, Olivier Rabourdin, Valérie Sibilia, Denis Sylvain,
Pascal Elso,

 
Musique : Erwann Kermorvant
















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   Un flic très aimé de ses collègues, Max Rossi (Olivier Rabourdin) est dénoncé pour avoir violenté et blessé Farid Benaissa (Adrien Saint-Joré), un jeune prévenu accusé de viol et de meurtre. Il est interrogé par Roland Vogel (Geoffroy Thiebaut) de l'IGS, mais l'interrogatoire dérape et Max se suicide. Le commissaire Bordier (Denis Sylvain) tente de soutenir ses hommes écoeurés, mais plusieurs d'entre eux, menés par Eddy Kaplan (Jean-Hugues Anglade) décident de forcer Benaissa à avouer qu'il a menti... 
 
   Des décors lugubres, une photographie un peu crasseuse à dominante jaune-grisâtre, une atmosphère sombre, des personnages a priori peu sympathiques... L'entrée en matière est conforme à la vision du monde policier qu'Olivier Marchal a déjà exposée dans ses précédents films ("MR73", par exemple), c'est-à-dire pas vraiment engageante. Point ici de surhommes intrépides et salvateurs à la "24 heures", mais un panier de crabes qui évoque plutôt "The Shield". Pas non plus d'intrigue linéaire, avec ouverture, développement et objectif nettement définis. Mais, à partir d'un fait divers banal, comme il s'en présente mille fois par an dans les commissariats, la chronique d'une descente aux enfers inéluctable pour des flics déboussolés qui, de petits dérapages en tentatives désespérées de rattraper les erreurs, finissent par devenir les clones de ceux qu'ils pourchassent. Et aucun univers n'est épargné par cette gangrène contagieuse. Que ce soit celui de l'IGS, avec un Roland Vogel particulièrement puant, ou celui de la Justice, avec un procureur Vanderbeke (Pascal Elso) aux motivations tout sauf limpides. 
 
   Le choix d'une approche psychologique dégraissée jusqu'à l'os des personnages, fait que l'empathie du spectateur envers ceux-ci ne paraît pas évidente. C'est d'ailleurs avec une distanciation certaine que l'on observe, pendant les deux premiers épisodes, ces individualités écorchées et bien peu communicantes. Mais, progressivement, une sorte d'alchimie s'opère et c'est avec les tripes de plus en plus nouées que l'on accompagne ce quatuor gorgé de souffrances emmené par Jean-Hugues Anglade, toujours aussi envoûtant, et un Nicolas Duvauchelle qui ne l'est pas moins. Quant au scénario, il marque profondément, tant par son implacable et sombre rigueur, que par son refus obstiné de toute facilité émotionnelle.


 Bernard SELLIER

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