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Les dents de la mer,
      (Jaws),     1975,  
 
de : Steven  Spielberg, 
 
  avec : Roy Scheider, Richard Dreyfuss, Murray Hamilton, Robert Shaw, Lorraine Gary,
 
Musique : John Williams

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La petite station balnéaire située sur l'île d'Amity Island, s'apprête à fêter dans la joie l'anniversaire du 4 juillet, et à recevoir, en cette occasion, un flot de touristes attirés par la baignade. Mais l'avant veille, une jeune fille, Christine Watkins (Denise Cheshire) est retrouvée déchiquetée sur la plage. L'autopsie du médecin local révèle que le responsable est un requin. Aussitôt, le responsable de la police locale, Martin Brody (Roy Scheider), ordonne d'interdire l'accès aux plages. Mais le maire de la ville, Larry Vaughn (Murray Hamilton), ne l'entend pas de cette oreille. Bien décidé à ne pas provoquer la fuite des touristes, il oblige le médecin a changer ses conclusions. Les plages ouvrent à nouveau, tandis qu'un spécialiste des squales, Matt Hooper (Richard Dreyfuss), appelé par Brody, arrive. 
 
   Premier d'une série dont les suites se montreront plus pitoyables les unes que les autres. Le volet 4 figure d'ailleurs, sur IMDB, dans le groupe "envié" des 50 pires navets... Roy Scheider aura l'intelligence de quitter le "navire" après la seconde aventure. Bref, cet original, dirigé brillamment par Steven Spielberg, demeure, trente ans après, d'une puissance évocatrice incontestable. A partir d'une trame basique, que l'on reverra en de multiples occasions dans les films catastrophes (le combat d'un scientifique ou d'un spécialiste, pour faire entendre raison à ceux que l'intérêt rend sourds...) ("Volcano", "Le Pic de Dante"...), le réalisateur construit, avec simplicité et sans effets spectaculaires (mis à part le final impressionnant !), un modèle d'angoisse paroxystique programmée et de suspense tétanisant. L'humour contribue paradoxalement à cette montée en puissance du drame (la séance hilarante des expositions de balafres entre Quint (Robert Shaw) et Hooper. Précurseur immédiat du récit poignant que fait Quint de sa survie après l'envoi de la bombe sur Hiroshima, qui, lui-même précède le duel final avec le monstre, il permet de propulser la conscience du spectateur dans l'abîme du léger et du superficiel, pour mieux le catapulter, dans la minute qui suit, vers l'horreur et la mort. Un grand art dans la construction ! Simplicité, efficacité et magnétisme. Dans la catégorie (intelligente) des prédateurs monstrueux, ce "Jaws" tient une place de choix. Mais, dans un registre infiniment moins brillant, il serait injuste d'oublier le récent "Open Water", qui, à partir d'une histoire malheureusement vécue, génère une angoisse tout aussi bouleversante.

   
Bernard Sellier