Dexter, new blood, saison 1, de Clyde Phillips, commentaire

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Dexter :
   new blood,    Saison 1,      2021 
 
de : Clyde  Phillips, 
 
avec : Michael C. Hall, Clancy Brown, Julia Jones, Jennifer Carpenter, Alano Miller, Johnny Sequoyah,
 
Musique : Pat Irwin


 
Saison 2   

 
Ne pas lire avant d'avoir vu la série

 
Depuis deux ans, Dexter Morgan (Michael C. Hall) vit sous le pseudonyme de Jim Lindsay dans une petite ville perdue dans la forêt, Iron Lake. Il est devenu l'amant de la cheffe de la police, Angela Bishop (Julia Jones) et travaille dans le magasin d'armes de Fred (Michael Cyril Creighton). Un jour, il tue Matt Caldwell (Steve M. Robertson), un jeune, richissime, et arrogant drogué qui vient d'abattre un cerf blanc sur la réserve indienne. Il dissimule le cadavre. C'est alors que son fils Harrison (Jack Alcott) débarque à l'improviste... 
 
 Dans la quatrième saison de Dexter, celui-ci était devenu père, et ce n'était pas vraiment une sinécure. Autant dire que, dans cette nouvelle histoire, l'arrivée inopinée de ce grand adolescent ne s'opère pas dans un moment très propice, puisque son père vient, après dix ans d'abstinence, de céder une nouvelle fois à ses pulsions meurtrières, malgré les mises en garde de sa sœur Debra (Jennifer Carpenter), qui vient régulièrement le visiter en tant que fantôme. Étant donné qu'il est difficile de savoir si une ou plusieurs saisons suivront, il était indispensable de ne pas lambiner question action. Pour être franc, la rechute de Dexter dans son obsession récurrente ne s'opère pas avec une finesse exemplaire. Il y a certes le prétexte de l'exécution du cerf blanc et la culpabilité de Matt dans une ancienne affaire, mais on ne peut dissimuler le fait que notre héros, - à moins que ce ne soit le scénariste -, a nettement perdu sa minutie et son habileté légendaires.   Heureusement, si l'on peut dire, Dexter va rapidement se retrouver dans un microcosme en adéquation avec le karma qu'il traîne comme un boulet. D'abord son fils, doté d'un psychisme traumatisé, qui dévoile peu à peu des penchants pas très empathiques envers ses congénères. L'acteur qui l'incarne a été choisi à bon escient, et certaines de ses expressions évoquent le pervers et troublant Edward Norton qui en faisait voir de toutes les couleurs à Richard Gere dans «Peur primale». Les rapports père-fils constituent la partie la plus intéressante de la série, avec d'un côté un Dexter totalement inadapté au rôle de père, d'autant plus que son nouvel état coïncide avec le début d'une rechute spectaculaire, et de l'autre un adolescent mal dans sa peau qui teste ses pulsions et ses limites.

 Le troisième pôle d'intérêt est contré sur l'inévitable tueur en série qui sévit depuis plusieurs années dans la contrée en toute impunité, puisqu'il n'opère que sur des personnes marginales, solitaires, dont la société se fout royalement. Au fur et à mesure que les intrigues se développent, la primarité du début s'estompe et l'histoire se développe de manière assez maline, jusqu'à un dénouement auquel on ne s'attendait guère. Le scénario ne se contente pas d'aligner des rebondissements générés par les simples pulsions meurtrières des uns et des autres, mais approfondit de façon convaincante la complexité des liens filiaux et de l'héritage psychologique véhiculé autant par les gênes que par l'inconscient, et explore sans ménagement les justifications plus que troubles d'une morale particulièrement ambigüe. Au final, cette suite qui, au premier abord, paraissait assez artificielle et opportune, construit, dans un décor glacé magnifique et sur fond de traditions indiennes, un nouvel univers pathologique inventif, novateur, qui ne manque ni d'intensité dramatique, ni de sincérité émotionnelle.
   
Bernard Sellier