Eaux profondes, film de Adrian Lyne, commentaire

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Eaux profondes,
    (Deep water),     2022, 
 
de : Adrian  Lyne, 
 
  avec : Ben Affleck, Ana de Armas, Tracy Letts, Grace Jenkins, Dash Mihok, Kristen Connolly,
 
Musique : Marco Beltrami


 Vic (Ben Affleck), jeune retraité richissime, vit avec sa femme Melinda (Ana de Armas) et leur fillette, Trixie (Grace Jenkins). Ils méneraient une vie normale, si la jeune femme n'accumulait pas les amants sans que cela semble affecter outre mesure son mari. Celui-ci accepte même de les inviter à leur domicile pour des repas plus ou moins amicaux...
 
 Il est évident que, à de rarissimes exceptions près, «L'échelle de Jacob» par exemple, Adrian Lyne s'est spécialisé dans les drames psychologiques sulfureux, avec situations conjugales ambiguës, femmes vénéneuses, ou encore «Propositions indécentes». Vingt ans de silence se sont écoulés depuis son dernier film, «Infidèle», ce qui implique, soit une désaffection des sociétés de production pour ses choix artistiques parfois douteux, soit une fatigue due à son âge presque canonique. C'est donc cette année, à 81 ans!, qu'il crée pour Amazon Prime cette adaptation d'une œuvre de Patricia Highsmith. On y retrouve ses thèmes de prédilection avec une jeune femme notablement vicieuse qui flirte avec ses amants sous son propre toit tandis que son époux fait la vaisselle après le repas. Mais, dans le genre glauque et ambigu, Vic n'est pas en reste, puisque, durant une bonne moitié du film il arbore une attitude quasiment marmoréenne devant les frasques de sa femme. L'intrigue, qui commence à justifier ce qualificatif au bout de soixante minutes, se montre particulièrement paresseuse, et d'une vraisemblance psychologique plus que limitée pour la simple raison que le spectateur n'a aucune explication de cette situation pour le moins incongrue. Dans la seconde moitié, les mêmes ingrédients se répètent, avec pour seule différence un dénouement à la fois psychologiquement invraisemblable et délibérément immoral, qui se fond sans peine au sein de cette peinture d'une relation toxique bilatérale. Mais dans sa globalité, le film d'Adrian Lyne est davantage une suite de saynètes sensuelles répétitives qu'une analyse psychologique intense susceptible de bousculer le spectateur. Tout à fait regardable, ne serait-ce que pour le charme de Ana de Armas, mais également tout à fait oubliable.

   
Bernard Sellier