The fall, saison 2, série de Allan Cubitt, commentaire

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The fall,
      Saison 2,      2014 
 
de : Allan  Cubitt..., 
 
avec : Gillian Anderson, Jamie Dornan, Aisling Franciosi, John Lynch, Niamh McGrady, Bronagh Waugh, Stuart Graham,
 
Musique : Keefus Ciancia, David Holmes


 
Saison 1     Saison 3

 
Ne pas lire avant d'avoir vu la série

 
Après avoir appelé en direct la commissaire Stella Gibson (Gillian Anderson), Paul Spector (Jamie Dornan) fuit Belfast avec sa femme, Sally Ann (Bronagh Waugh), enceinte, et leurs deux enfants. Alors qu'il vient de prendre la route, sa dernière victime, Annie Brawley (Karen Hassan) sort du coma, mais elle n'a aucun souvenir de son agression. De son côté, Rose Stagg (Valene Kane), une jeune femme qui avait été agressée neuf ans plus tôt par un dénommé Peter, contribue à établir un portrait robot... 
 
 Dès le premier épisode, nous retrouvons le style propre à la série. Les caractéristiques positives demeurent stables, à savoir une analyse profonde et posée des différentes personnalités psychologiques en action. Malheureusement, les caractéristiques négatives, tout à fait limitées dans la première saison, développent ici une ampleur de plus en plus inquiétante. En l'occurrence un statisme qui confine parfois à l'immobilisme. Phénomène tout aussi problématique, une bonne dose d'invraisemblances commence à gangrener une intrigue jusqu'ici irréprochable. Un exemple flagrant : Stella bénéficie de deux témoins de première importance, en l'occurrence Annie Brawley, la dernière victime et Rose, l'une des premières. Elle laisse paraître dans les journaux les références à leurs drames et, lorsque les inévitables drames surviennent, elle se rend brusquement compte qu'elle aurait pu avoir l'idée d'assurer leur protection. C'est tout de même un peu gros ! Il est nécessaire d'atteindre le quatrième épisode pour que l'intrigue se mette en mouvement. Le très long interrogatoire de Paul par Stella résume parfaitement les liens profonds qui se sont contruits entre les deux personnages principaux : rapports de force, de domination, gestions différentes des traumatismes d'enfance, comportements fondés sur la haine de l'autre. Cette confrontation constitue une véritable dissection d'un psychopathe, mais elle répète beaucoup d'évènements déjà vus et aurait davantage sa place dans un cours destiné aux profilers que dans une série à suspense, même si l'analyse psychique y est privilégiée. Dans cette seconde partie, un intérêt nouveau apparaît en la personne de la jeune Katie Benedetto (Aisling Franciosi), dont l'évolution pathologique fait d'elle une sorte d'archétype destiné à comprendre l'incompréhensible : à savoir comme une femme peut devenir follement amoureuse de celui qu'elle sait être un tueur en série. Une dérive qui rappelle le lien criminel entre Michel Fourniret et Monique Olivier. La personnalité de Stella, sorte de mante religieuse non létale, est intéressant, mais son excès de mutisme et son atonie émotionnelle rendent son personnage presque transparent, ce qui est paradoxal quand on apprend peu à peu des bribes de sa vie passée. Comme il se doit, l'épisode final débouche sur un rebondissement majeur. On a envie de connaître la suite, mais avec l'espoir que le récit croule un peu moins sous des lenteurs qui deviennent parfois pénibles. Danc cette saison, la patience est une épreuve subie aussi bien par Stella que par Paul. Mais le scénariste a mis aussi à l'épreuve celle du spectateur, et il ne faudrait pas en abuser, car sa démission risque de survenir à n'importe quel moment.
   
Bernard Sellier