The fall, saison 3, série de Allan Cubitt, commentaire

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The fall,
      Saison 3,      2016 
 
de : Allan  Cubitt..., 
 
avec : Gillian Anderson, Jamie Dornan, Aisling Franciosi, John Lynch, Niamh McGrady, Bronagh Waugh, Stuart Graham,
 
Musique : Keefus Ciancia, David Holmes


 
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Ne pas lire avant d'avoir vu la série

 
La commissaire Stella Gibson (Gillian Anderson) a enfin arrêté Paul Spector (Jamie Dornan) pour les multiples meurtres et pour le kidnapping de Rose Stagg (Valene Kane). Après beaucoup de faux-fuyants, Paul accepte de conduire les policiers à l'endroit où se trouve la jeune femme. Elle est encore vivante. Mais brusquement James Tyler (Brian Milligan), qui a suivi avec sa femme Liz (Séainín Brennan) une thérapie avec Paul, et se montre hyper jaloux, apparaît et tire à la fois sur Paul et sur le policier Anderson. Tous deux sont grièvement blessés. 
 
 La seconde saison s'était étendue, de manière souvent excessive, sur les analyses psychologiques des personnages et leurs relations pathologiques complexes. Le premier épisode change totalement de registre et, durant une demi-heure, livre au spectateur un véritable cours de médecine d'urgence, voire de chirurgie. On se croit transporté dans "Grey's anatomy", et il faut avouer qu'on perçoit mal l'intérêt de s'étendre à ce point sur un domaine qui n'apporte strictement rien à l'intrigue, à part prouver que les scénaristes se sont documentés soigneusement sur le sujet. Il ne se passe d'ailleurs quasiment rien dans cette ouverture. La suite adopte la même tournure, mais cette fois ce sont les analyses psychologiques et les subtilités juridiques qui prennent le relais. Tour à tour, le récit donne l'impression que l'on assiste, soit à un cours de droit, soit à la psychanalyse au long cours d'un patient authentique. Le réalisme est tel que l'on a l'impression d'assister à une enquête véridique, avec son lot d'interrogatoires aussi interminables que minutieux, ses redites permanentes, la répétition encore et encore de faits dont on a déjà eu connaissance. Les épisodes 3 et 4 sont à ce titre éclairants. Le flot intarissable des paroles est inversement proportionnel à l'avancée évènementielle qui en ressort. En quatre épisodes, il ne se passe quasiment rien de tangible, hormis la poussée dépressive de Sally Ann et la supposée amnésie de Paul. Il faut faire preuve d'une patience chevillée au corps pour ne pas jeter l'éponge à plusieurs reprises. La dernière heure affiche une tension intense et par moments bouleversante. Voilà une série qui se démarque de manière radicale de ses consœurs. Elle a choisi un radicalisme absolu, avec une action réduite au minimum et une introspection des principaux protagonistes développée au maximum supportable. Cela ne se fait pas sans générer assez fréquemment un ras le bol devant ce parti pris de répétitions, et cette langueur qui confine de temps en temps à la stagnation. Mais l'ensemble mérite amplement une vision qui marque profondément le souvenir. À noter que le doublage français de Stella est d'une exceptionnelle qualité.
   
Bernard Sellier