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Le grain de sable dans la machine,
     2021, 
 
de : Alain  de Halleux, 
 
  avec : Jean-François Toussaint, Pablo Servigne, Serge Tisseron, Gaël Giraud,
 
Musique : Michel Berckmans

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Le survol sur une année des effets de la pandémie de Covid 19, avec ses implications dans tous les domaines de la vie : santé, économie, politique, perspectives pour demain...

       Ce documentaire produit par Arte propose une approche radicalement différente de celles adoptées par «Hold-up, retour sur un chaos» ou «Mal traités». Là où les films de Pierre Barnerias et d'Alexandre Chavouet optaient pour une polémique agressive, enfonçaient des clous douloureux dans tous les domaines susceptibles d'appeler la contestation, le documentaire d'Alain de Halleux choisit une approche philosophico-poétique.

      Par la voix de Jacques Gamblin, c'est le virus lui-même qui s'adresse au spectateur en pointant de ses tentacules protéiniques les aberrations et les vulnérabilités que la civilisation humaine a générées et dont elle est aujourd'hui victime. Il propose même une analogie évidente entre l'attaque qu'il opère sur nos poumons, tandis que l'humanité s'attaque aux poumons de sa planète. Mais cette mise en accusation s'opère presque sur la pointe des pieds, comme s'il ne fallait pas trop secouer nos certitudes et nos modes de vie bien ancrés. Bien sûr, quelques interventions affichent une certaine virulence (Serge Tisseron, Gaël Giraud, dont une interview sur YouTube se révèle passionnante dans un domaine aussi abscons que l'économie). L'état des lieux met en lumière les conséquences de nos déviances, les délocalisations mortifères de nos outils de production dans des domaines prioritaires comme celui de la santé, tout ce que Gaël Giraud appelle «l'interdépendance de nos fragilités». Et surtout il pointe le danger indéniable qu'il y ait une impossibilité de revenir sur les mesures coercitives adoptées lorsque la vie sera redevenue normale.

     Mais, lorsque le documentaire se termine, c'est une impression de désappointement qui domine. Comme si nous venions d'assister à une conférence policée qui, sur des sujets aussi préoccupants et vitaux, cherche à ne jamais se montrer éruptive. La première partie, consacrée à un rappel du déroulé des évènements, donne même envie de jeter l'éponge, tant nous avons été abrutis depuis un an par le matraquage des médias. 

       Une approche des causes et conséquences de l'épidémie qui aborde nombre de questions cruciales,  qui ne manque pas d'originalité dans sa présentation et qui envoie quelques formules bien senties comme celle où le virus nous demande pour quelle raison nous créons un vaccin contre lui et non contre la «machine» infernale (le mondialisme entre autres) que nous avons générée. Mais cette forme  
placide,  modérée, est-elle susceptible de provoquer un bouleversement des habitudes, de réveiller les consciences ? Le spectateur un peu informé dans ces domaines apprendra-t-il même quelque chose de nouveau ? Rien n'est moins sûr...

   
Bernard Sellier