L'homme de la cave, film de Philippe Le Guay, commentaire

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L'homme de la cave,
      2021, 
 
de : Philippe  Le Guay, 
 
  avec : François Cluzet, Jérémie Renier, Bérénice Bejo, Jonathan Zaccaï, Victoria Eber, Denise Chalem,
 
Musique : Bruno Coulais

  
 
Simon Sandberg (Jérémie Renier), architecte, vit avec sa femme Hélène (Bérénice Bejo) et leur fille Justine (Victoria Eber) dans un appartement qui appartient à sa famille juive depuis plusieurs générations. Il décide de vendre un jour une de ses caves à un ancien professeur d'histoire, Jacques Fonzic (François Cluzet). Simon apprend juste avant la signature définitive que Jacques lui a menti. Il décide d'annuler la vente, mais le professeur s'est déjà installé dans les lieux... 
 
 Après avoir visité les étages supérieurs («Les femmes du sixième étage»), Philippe Le Guay se rend maintenant dans les sous-sols, pour construire une histoire qui rappelle par son sujet «Fenêtre sur Pacifique» ou «J.F. partagerait appartement», en insérant le drame vécu par la famille Sandberg dans le contexte historique du génocide juif. Jacques est en effet un négationniste affirmé que le scénario place de manière paradoxale dans la position du pestiféré et du persécuté. Le récit aborde simultanément plusieurs thématiques, entre angoisse pure, éclatement familial, réflexions sur la vérification des faits historiques, marginalisation de ceux qui ne se conforment pas aux versions officielles, écueils juridiques... Mais ce mixage de sujets importants s'opère de manière très primaire, voire artificielle, en particulier dans les réactions pour le moins brutales et exacerbées d'Hélène ainsi que dans les relations agressives des deux frères. Qui plus est, les doutes véhiculés par l'historien sur la façon dont peuvent être travestis les évènements historiques ne manque pas d'intérêt ou de justesse, mais le fait de les avoir ancrés dans un contexte historique qui ne permet pas une contestation argumentée, rend sa démarche intellectuelle stérile. Il est d'ailleurs cocasse, si l'on peut dire, de voir ici François Cluzet défendre les lanceurs d'alerte, ceux qui «cherchent à comprendre», alors que, durant la crise du Covid il s'est emporté de manière aussi brutale qu'injuste contre les personnalités scientifiques qui émettaient des doutes fondés sur les produits de Pfizer ou Moderna.

 Tout cela manque singulièrement de subtilité et d'originalité, aussi bien dans l'approche dramatique que dans les analyses psychologiques. Dommage, car les sujets abordés ne manquent pas d'intérêt.  
    
Bernard Sellier