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In the shadow of the moon,
     2019, 
 
de : Jim  Mickle, 
 
  avec : Boyd Holbrook, Michael C. Hall, Bokeem Woodbine, Cleopatra Coleman, Rudi Dharmalingam,
 
Musique : Jeff Grace


    Ne pas lire avant d'avoir vu le film...

   
2024. C'est l'apocalypse à Philadelphie. Retour en 1988. Tom Lockhart (Boyd Holbrook) est sur le point de passer lieutenant de police lorsque plusieurs morts suspectes semblent être signés par une tueuse mystérieuse. Il mène l'enquête en compagnie de son collègue Maddox (Bokeem Woodbine), tandis que sa femme, Jeannette (Rachel Keller) est prête à accoucher... 
 
   Au premier abord, l'histoire se présente comme un polar très classique, avec sa tueuse en série, son duo de flics dissemblables, ses dialogues à la mitraillette, simples mais vivants façon «Starsky et Hutch», et son supérieur hiérarchique bougon, Holt (Michael C. Hall), qui est, de plus, le beau-frère de Tom. Mais, assez rapidement la résolution inattendue de cette première enquête plonge le spectateur dans un univers décalé qui sort quelque peu de l'ordinaire. La suite ne fait qu'amplifier cette bifurcation vers le fantastique, avec ses paradoxes temporels qui évoquent immanquablement «Retour vers le futur» ou, plus récemment, «Tenet». Le film de Jim Mickle se situe en dehors de ces deux références très dissemblables. Loin de la comédie concoctée par Robert Zemeckis, puisque nous sommes ici dans un drame dont l'enjeu est tout simplement l'évitement possible d'une guerre civile apocalyptique. Mais tout aussi loin des élucubrations complexes et hermétiques de Christopher Nolan. Le réalisateur et ses deux scénaristes ne cherchent pas à épater le spectateur par des abstractions trop fumeuses et se contentent de concevoir un petit thriller, classique dans sa forme, suffisamment inventif et rythmé pour maintenir sans peine un intérêt curieux, et porteur d'un émotionnel discret qui ne manque pas de générer une sensation vertigineuse aussi discrète qu'efficace. Boyd Holbrook se montre convaincant en veuf obsédé par un mystère dont il semble être le seul à mesurer l'impact multidimensionnel. Les autres personnages, y compris Michael C. Hall («Dexter»), qu'on a plaisir à revoir, n'ont que des rôles secondaires, mais se montrent assez typés pour retenir l'attention.

    Rien de révolutionnaire, seulement un petit polar qui sait maîtriser ses ambitions et être captivant sans chercher à afficher une boursouflure hors de ses capacités.
   
Bernard Sellier