Images et Mots
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" John Q. ",
            1985, 
 
de : Nick  Cassavetes, 
 
  avec : Denzel Washington, Robert Duvall, James Woods, Anne Heche,
Eddie Griffin, Ray Liotta, Ron Annabelle, Elise Kimberly,

 
Musique : Aaron Zigman
















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   John Quincy Archibald (Denzel Washington) et sa femme Denise (Elise Kimberly) ont une fils, Mike (Daniel E. Smith) qu'ils adorent. Un jour, pendant un match de base ball, l'enfant s'écroule. A l'hôpital, où il a été transporté d'urgence, les médecins décèlent une insuffisance cardiaque gravissime. Seule une greffe rapide pourrait empêcher une fin fatale. Un seul problème se pose. Pour placer le receveur en tête de la liste d'attente, il est indispensable de verser au service hospitalier un tiers du coût de l'opération, ce qui représente 80 000 dollars. Les amis et voisins de John font leur possible pour l'aider financièrement. Mais cela ne suffit pas. Lorsqu'il apprend que la directrice de l'hôpital, Rebecca Payne (Anne Heche) a décidé de renvoyer Mike chez lui, sans espoir de transplantation, John pète les plombs et prend en otage le responsable du service de cardiologie, Raymond Turner (James Woods) ainsi que les personnes qui se trouvent au service des urgences... 
 
   Il est un point sur lequel tout le monde sera d'accord. C'est le fait que Nick Cassavetes n'a pas choisi la même voie cinématographique que son père John. Nombre de critiques ne se privent pas de le lui reprocher avec une méchanceté parfois ignoble. Pourquoi devrait-il en être autrement ? Chacun choisit, avec la sensibilité qui lui est propre, les sujets et la manière de les traiter. La qualification que l'on attribue au résultat (sensible, émouvant, larmoyant, pleurnichard, poignant, pathétique, emphatique...) est souvent une question de degré de réceptivité. Nick Cassavetes a, de toute évidence, une attirance pour les récits à haute tension émotionnelle, comme en témoigne son récent "N'oublie jamais". Dans le cas présent, la composition du sujet en lui-même est déjà parlante : un enfant (l'innocence) à l'article de la mort ; un système, non seulement inhumain (seul l'argent compte pour être soigné), mais encore criminel (la malformation a été décelée lors des examens de routine, mais, pour de basses raisons mercantiles, non révélée) ; des thérapeutes pour lesquels le serment d'Hippocrate est infiniment moins important que la réussite sociale...  
 
   Il est évident que le réalisateur ne lésine pas sur les séquences affectivement chargées, qu'il en fait quelquefois trop, étirant à l'excès certaines scènes (la conversation finale de John avec son fils). C'est un côté manipulateur que l'on peut, à juste titre, regretter. De même, peut-être, que la caricaturisation de certains intervenants (le commandant des forces de police, Gus Monroe (Ray Liotta) et le présentateur télé Tuck Lempley (Paul Johansson), opportunistes et obsédés d'audimat, dont le second rappelle, en moins pire, tout de même, le Richard Thornburg de "Piège de cristal"). Ou encore le choix de construire ce drame profondément poignant comme un récit de suspense, avec décompte haletant comme il est de bon ton de le faire dans les centaines de cas où le salut survient lorsque la bombe est désamorcée à l'avant-dernière seconde. 
 
   Cela dit, il est tout aussi impossible d'occulter la puissance de ce drame ordinaire. Tous ceux qui ont un enfant ne peuvent que se sentir en sympathie avec ce père désemparé. Outre l'aspect événementiel tragique, se profile également une série de réflexions ou d'interrogations, qui auraient pu composer un menu fascinant pour les "Dossiers de l'écran" s'ils existaient encore. Jusqu'où peut-on aller pour sauver un innocent ? La société est-elle condamnée à devenir inhumaine ? La médecine est-elle au service de l'argent ? Autant de sujets passionnants sur lesquels il serait possible de débattre pendant des lustres... 
 
   Tout est affaire de balance. Pour ceux qui se focalisent sur l'aspect "apitoiement programmé", ce sera le rejet et le mépris qui feront pencher la balance du côté négatif. Pour ceux qui passent outre l'emphase naturelle du réalisateur, subsistera une histoire déchirante qui marque le souvenir, intensément habitée par Denzel Washington. Pour ma part, je préfère voir le côté positif...
 

 
Bernard Sellier  
 
 
 
  
 


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