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The lost room,
        2006,  
 
de : Craig R.  Baxley, Michael  Watkins, 
 
  avec : Peter Krause, Julianna Margulies, Peter Jacobson, Elle Fanning, Kevin Pollack, Roger Bart, April Grace, Dennis Christopher,
 
Musique : Robert J. Kral

  
   
À la suite de la mort de l'un de ses indics, le policier Joe Miller (Peter Krause) entre en possession de la clé d'une chambre de motel. Mais la première fois qu'il l'utilise, il se rend compte avec stupéfaction que, introduite dans n'importe quelle serrure, elle fait déboucher sur une pièce magique, située dans un univers parallèle. Quelques jours plus tard, la fille de Joe, Anna (Elle Fanning), entre dans la pièce et disparaît. Son père se lance dans une quête insensée afin de retrouver son enfant. Il apprend qu'une multitude d'objets banals, jadis placés dans la chambre mystérieuse, sont capables de remodeler la réalité, et de donner à leurs possesseurs des pouvoirs magiques... 
 
   Le moins que l'on puisse dire est que l'idée première ne manque pas d'originalité. Si la surabondance des surhommes les a rendus ordinaires ("Superman", "Spiderman", "Hulk", "Heroes"...), il est beaucoup moins courant de voir un peigne, un stylo bille, un coupe-ongles ou un réveil matin capables de plier le temps ou de téléporter des humains à trois mille kilomètres de distance ! Autant dire que les esprits logiques et cartésiens risquent de jeter rapidement l'éponge devant cette accumulation de délires permanents. Poue tous ceux qui acceptent le rêve ou l'irrationnel, l'appréciation sera heureusement différente. Ils salueront l'imagination débordante des scénaristes, l'éclectisme des personnages, et l'interprétation très engagée de Peter Krause. Pourtant l'ensemble laisse une impression assez mitigée. Si on se passionne pour la course contre la montre que mène Joe, si on s'émerveille pour les trouvailles et les rebondissements qui ponctuent l'histoire, il faut reconnaître qu'il n'y a pas réellement d'évolution dans la dramaturgie ou dans le suspense au fil des épisodes, et qu'une certaine répétitivité s'installe. Un objet, un personnage conduisent à un nouvel objet, un nouveau personnage, puis à un troisième et ainsi de suite. Les créateurs ont-ils visé un peu haut avec cette intrigue mystico-divine, ont-ils éprouvé de la difficulté à développer leur concept jusqu'à un dénouement que l'on aurait souhaité transcendant ? Il est légitime de se poser la question. En effet, au fil du récit, l'universel marque le pas et cède la place à un tragique beaucoup plus individuel, recentrant l'aventure sur la disparition d'Anna et sa recherche par un père légitimement angoissé. Cela se comprend humainement, mais reste regrettable sur le plan du mystère pur, qui, du coup, subit un affaiblissement progressif jusqu'à un final où il retourne carrément à son obscurité première.  
 
   Une intéressante réussite, tout de même, qui a, de plus, le mérite de se concentrer sur un petit nombre d'épisodes, évitant de la sorte un délayage excessif.
   
Bernard Sellier