Images et Mots
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" Mémoire effacée ",
     ( The forgotten ),           2004, 
 
de : Joseph  Ruben, 
 
  avec : Julianne Moore, Anthony Edwards, Gary Sinise,
Jessica Hecht, Linus Roache, Dominic West,
 
 
Musique : James Horner
















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   Malgré la thérapie qu'elle suit avec le docteur Jack Munce (Gary Sinise), Telly Paretta (Julianne Moore) ne parvient pas à se remettre de la disparition de son fils Sam, un an plus tôt, dans l'accident du petit avion de tourisme qui l'emmenait, avec ses camarades, en colonie de vacances. Son mari, Jim (Anthony Edwards), semble beaucoup plus serein. Un jour, elle se rend compte que tous les souvenirs de Sam, qu'elle contemplait quotidiennement, ont disparu. Elle en rend responsable son conjoint, qui est contraint de lui avouer que leur fils n'a jamais existé que dans son imagination, ce que lui confirme le psychiatre. Mais elle refuse d'admettre sa folie et poursuit sa quête... 
 
   L'amnésie est un sujet en or pour les scénaristes, tant sur le plan des relations humaines que sur celui de l'angoisse, lorsque suspense il y a. Elle permet de plonger dans le mystère insondable de la mémorisation des événements et de l'éventuelle création que notre esprit peut opérer, lorsque les faits extérieurs nous sont insupportables. Depuis le merveilleux et romantique "Prisonniers du passé", jusqu'au poignant "Se souvenir des belles choses", le cinéma nous a offert maintes touchantes histoires. 
 
   Celle-ci commence fort bien, avec la résonance profonde que peut éveiller en nous la disparition d'un enfant. Julianne Moore affiche, jusqu'au terme du drame, une sensibilité idéale dans cette incarnation. Après une mise en bouche délectable, aux couleurs de pathologie psychiatrique, la narration vire brusquement au thriller. Le mystère prend une toute autre tournure, s'accompagne de fuites, de poursuites, qui n'amènent pas vraiment de progression significative, se contentant, ce qui n'est déjà pas si mal, de soutenir l'angoisse et la curiosité. Plus d'une fois, on se demande de quelle manière le scénariste va sortir de cet embrouillamini dans lequel la logique et le raisonnement n'ont guère de place. Dans ce type de film, les dénouements sont évidemment la clef de voûte de l'édifice, et ce sont bien souvent eux qui s'imprimeront dans la mémoire du spectateur (marque effaçable, elle aussi, dans le cas où la chute est ratée !).  
 
   Pour les adeptes de la justesse ou de la rigueur scientifique, le final qui nous est proposé sera risible. Pour ceux qui accepteront de laisser de côté les nombreuses zones d'ombres qui parsèment l'histoire, et s'abandonneront à une imagination débridée, il ne sera pas si "inepte" que certains l'affirment. Joseph Ruben assume, en tout cas, un jusqu'au boutisme fantastique que refusait, par exemple, M. Night Shyamalan dans sa dernière oeuvre, "Le Village". 
 
   Quoi qu'il en soit, même si l'on refuse d'adhérer à l'hypothèse choisie, demeure une fresque touchante, dans laquelle la fibre maternelle est l'héroïne sans partage. 
  
 
  
Bernard Sellier  
 
 
 
 
 
 

 
 
 

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