Images et Mots
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" Prisonniers du passé ",
       ( Random harvest ),      1942, 
 
de : Mervyn  Le Roy, 
 
  avec : Ronald Colman, Greer Garson, Philip Dorn, Susan Peters,
 
Musique : Herbert Stothart
















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   Premier conflit mondial. Un militaire John "Smithy" Smith (Ronald Colman) a été hospitalisé suite à une amnésie due à un choc de guerre. Un soir, il sort en cachette et rencontre en ville une jeune danseuse, Paula (Geer Garson), qui prend soin de lui et le cache. Ils s'enfuient, se marient et vivent un amour sans nuage. Un jour, Smithy est convoqué à Liverpool pour conclure un engagement par un journal. Il s'y rend, se fait renverser par un véhicule et retrouve son ancienne personnalité : Charles Rainier, tout en oubliant "Smithy" et la malheureuse Paula qui vient d'accoucher... 
 
   Un mélodrame en noir et blanc, typique des années 40, dans toute sa tension émotionnelle, habilement générée par un scénario passionnant. 
 
   Il existe deux grandes manières d'approcher un film. La méthode "pseudo" objective (l'objectivité à 100% étant bien sûr un leurre !), qui dissèque les qualités et mérites de la construction, du montage, de la mise en scène... Et puis la réaction totalement subjective, mélange subtil et parfois explosif de rejet, de peur, de fusion, de rêve... 
 
   Je suis fort peu amateur de films anciens en noir et blanc, (auquel je reconnais toutefois des qualités indéniables de dégradés et de subtilités). Cette réduction vibratoire me semble tout de même une hérésie. Le monde est un jaillissement de couleurs (tout au moins la perception que nous en avons !). 
 
   Un certain nombre de films "anciens" m'a cependant particulièrement marqué. Celui-ci est un des principaux. A cause des thèmes de l'incommunicabilité, de l'oubli, qui me touchent profondément. L'amnésie telle qu'exposée dans ce mélodrame, ou la disparition de la mémoire ("Se souvenir des belles choses", "N'oublie jamais"...) nous mettent en contact brutal avec la perte ou l'abandon. Perte de ceux que nous aimons, perte des repères, perte de notre identité. 
 
   Ici, outre un scénario habilement conçu, le choix des personnages principaux est judicieux. Ronald Colman, que je ne connaissais pas , ne possède pas la beauté qui provoque spontanément l'attirance ou la sympathie du spectateur (comme c'est le cas par exemple pour Robert Taylor dans "La valse dans l'ombre", un autre exemple de mélo envoûtant contemporain de celui-ci ). Il ne révèle pas moins une personnalité riche et en totale adéquation avec son rôle. Greer Garson est délicieuse. Comment ne pas avoir le coeur déchiré en la voyant, stoïque et presque sereine, dans la seconde partie du film ? Les seconds rôles, en particulier la jeune Kitty, sont également fort attachants. 
 
   Le type de film d'une époque révolue, dont les qualités de scénario, de simplicité, d'émotion spontanée, libre de tout artifice clipesque, éveillent une émotion profonde et bienfaisante. 
  
 
Bernard Sellier
 

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