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OSS 117, Le Caire, nid d'espions,
        2006, 
 
de : Michel  Hazanavicius, 
 
  avec : Jean Dujardin, Berenice Bejo, Aure Atika, Philippe Lefebvre, Constantin Alexandrov, Claude Brosset,
 
Musique : Ludovic Bource, Kamel Ech-Cheik

  
   
1955. Le Président René Coty mène la France. La politique étrangère cause bien des soucis au Gouvernement, surtout en Egypte, où Nasser vient d'évincer le Roi Farouk. Les Anglais, Américains et Russes s'y livrent une guerre souterraine sans merci. Heureusement, les Services Secrets français disposent d'un atout maître : Hubert Bonisseur de la Bath, mieux connu sous le matricule OSS 117 (Jean Dujardin). Il est envoyé dans la capitale égyptienne pour tirer au clair la mort d'un agent secret, Jack Jefferson (Philippe Lefebvre), qui plus est ami d'Hubert... 
 
   Nul besoin d'être un expert en matière de films d'espionnage, pour constater que l'histoire, prévisible à 500%, n'a rigoureusement aucun intérêt. Volontairement, bien sûr. Tout comme c'était le cas du "Casino Royale" de 1967, avec Peter Sellers, nous avons droit ici à un casse en règle du mythe de l'agent secret pur et dur, façon James Bond. Le film de Val Guest n'était pas une réussite inoubliable, loin de là. Attendons de voir de quel bois se chauffera le remake de 2006. Pour en revenir à notre sympathique (hummm...) OSS 117, il est, incarnation jouissive de Jean Dujardin oblige, un proche parent de "Brice de Nice". Même connerie congénitale et abyssale, mêmes neurones atrophiés, même prétention accablante. Mais ses capacités ne se limitent pas à cela. Il faut ajouter que, s'il n'est pas expert en surf, 'il est mufle, raciste, ignorant, gaffeur, colonialiste, musicien à ses heures, et expert au jeu de jokari. Ce qui n'est tout de même pas négligeable ! 
 
   Un certain temps d'adaptation est nécessaire pour entrer, corps, esprit et zygomatiques inclus, dans cet univers. L'humour, quasiment continu, joue sur l'inattendu, l'incongru, aussi bien dans les répliques que dans les actions. Pourtant, ces grains de folie permanents semblent, pendant un temps assez long, bien tièdes. On a l'impression d'être installé à mi-chemin entre le sérieux vaguement humoristique des James Bond façon Roger Moore, et le burlesque frénétiquement échevelé des "Tontons flingueurs". Les scènes se veulent drôlissimes, caricaturales, déjantées, mais elles ne réussissent qu'à être facétieuses. La verve de Michel Audiard fait cruellement défaut. Pour tout dire, un léger ennui flotte sur cette mer de moments farceurs qui, jamais, ne développe le raz de marée attendu. Peut-être est-ce, paradoxalement, une bonne chose, car, finalement, à force de baigner dans cet élément gentiment saugrenu, le spectateur finit par se laisser emporter par le discret délire ambiant, par le ton décalé, l'atmosphère délicieusement loufoque et rétro. Quelques moments demeureront sans conteste dans la mémoire, tel ce matraquage en bonne forme du Muezzin, coupable de troubler le sommeil réparateur d'Hubert... Sans compter les mimiques régalantes d'un Jean Dujardin qui a dû se délecter à chaque seconde !

   
Bernard Sellier