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OVNI(s),
      Série,      2021
 
de : Clémence  Dargent, 
 
avec : Michel Vuillermoz, Quentin Dolmaire, Géraldine Pailhas, Daphné Patakia, Melvil Poupaud, Nicole Garcia,
 
Musique : Thylacine, Alessandro Marcello

 ❤❤❤ 

   
  1978. Le professeur Didier Mathure (Melvil Poupaud) assiste à Kourou au lancement de la fusée Cristal qu'il a conçue. Mais celle-ci exploqe après quelques secondes de vol. Rentré en France, il se voit intimé l'ordre de prendre la direction du GEPAN, organisme nouvellement créé et destiné à recueillir tous les témoignages concernant les observations d'ovnis. Il trouve là trois passionnés, Rémy Bidaut (Quentin Dolmaire), Marcel Benés (Michel Vuillermoz) et la jeune secrétaire, Véra Clouseau (Daphné Patakia)...

    D'emblée, les couleurs délavées nous propulsent dans les années 80, et l'humour plus ou moins délirant dans une grosse farce jouissive. Solidement arrimé à ses certitudes scientifiques, le nouveau responsable va découvrir un organisme où règnent à parts égales la bonne humeur, les incongruités les plus inattendues (un flamant rose radioactif égaré, surnommé Hatchepsout, trône dans les locaux puis se volatilise), les témoignages les plus farfelus (observations d'ovnis en forme de fer à repasser), ou encore les élucubrations allumées de Marcel sur des synchronicités saugrenues. Mais il n'y a pas que dans sa vie professionnelle que le pauvre Didier doit composer avec les extravagances, puisque son jeune fils Bastien (Alexandre Mancuso) a surnommé son zizi «Pompidou». Inutile de préciser que les créateurs de cette série se sont délectés en transformant ce service, déjà passablement moqué à l'époque, en un foutoir grotesque. Reconnaissons-le, c'est vivant, déjanté, rythmé (les épisodes ne dépassent guère trente minutes), et quasiment toujours très drôle (la scène de l'explication publique de l'expérience du chat de Schrödinger est hilarante...).

    Dans un premier temps, le sujet est porté en dérision mais, le seul élément permanent de la vie étant le changement, la donne évolue avec les expériences vécues par Didier, et la seconde moitié du récit remplace progressivement l'extravagant et le burlesque par une redescente pragmatique dans un monde nettement moins ésotérique, où les manipulations de tous ordres tentent de brouiller les cartes. Le scénario utilise avec beaucoup d'habileté les différentes attitudes et réactions générées par le phénomène ovni, en construisant un scénario à la fois intelligent, réaliste, inventif (le petit Bastien est à l'origine de la création d'»E.T» par Spielberg !) et parfois même poétique, qui démonte aussi bien les illusions qu'il laisse la porte ouverte à des phénomènes inexpliqués. À ce titre, les derniers plans ne manquent pas d'interpeller le spectateur par leur imprévisibilité... 

   
Bernard Sellier