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Red sparrow,
      2018, 
 
de : Francis  Lawrence, 
 
  avec : Jennifer Lawrence, Joël Edgerton, Ciaran Hinds, Jeremy Irons, Matthias Schoenaerts, Joely Richardson, Mary-Louise Parker, Bill Camp,
 
Musique :  James Newton Howard

 ❤❤❤ 

   Domenika Egorova (Jennifer Lawrence) est une brillante ballerine du Bolchoï. A la suite d'un accident, elle se voit contrainte de quitter la troupe. Son oncle, Vanya Egorov (Matthias Schoenaerts), haut dignitaire à la sécurité, lui impose de devenir un 'moineau rouge', c'est-à-dire une espionne soigneusement formée. Pour ce faire, elle intègre une école où règne en maîtresse 'Matron' (Charlotte Rampling)... 
 
   C'est une sacrée claque visuelle et narrative que nous offre le réalisateur de 'Je suis une légende'. Certains critiques ont décrit un film 'sans imagination' (Positif) ou encore 'une parodie involontaire de 'Papy fait de la résistance'' (Le Figaro) ! A croire que nous n'avons pas visionné la même oeuvre. Il est sûr que l'on peut ergoter sur la vraisemblance de certaines options. Mais ce n'est là que broutilles en regard des dimensions dramatiques qui envahissent ces cent quarante minutes, de l'investissement physique et émotionnel de la Katniss d'"Hunger games", même si elle affiche parfois un visage figé, et de la richesse d'un scénario magistralement machiavélique. 
 
   L'approche des méthodes du bloc soviétique ne surprennent certes guère. L'humain y est considéré comme un maillon totalement négligeable, dépourvu de volonté propre, propriété de l'état, et uniquement utile lorsqu'il sert le pays quelles qu'en soient les conséquences pour sa vie. Caricature ? Peut-être. Mais sans doute pas si éloignée que cela de vérités momentanément réelles. Tromperies, manipulations en tous genres, apprentissage de la mystification, plongée dans l'extrême pour donner le change, toutes ces données se mêlent dans un maelstrom de faux-semblants qui nimbent une suite de scènes d'une crudité et d'une violence surprenantes. En tout cas inhabituelles dans ce genre de film où brillent le plus souvent cascades et interminables poursuites automobiles. Le scénario négocie aussi habilement les divers comportements de Domenika, laissant plus d'une fois planer le doute dans l'esprit du spectateur sur les motivations et intentions profondes de la jeune femme.  
 
   L'oeuvre n'est certainement pas d'une finesse à toute épreuve, mais elle se montre sacrément scotchante et constamment surprenante.

   
Bernard Sellier