Resident alien, série de Chris Sheridan, commentaire

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Resident alien,
      Saison 1,    2021,  
 
de : Chris  Sheridan, 
 
  avec : Alan Tudyk, Sara Tomko, Elizabeth Bowen, Corey Reynolds, Alice Wetterlund, Levi Fiehler, Meredith Garretson,
 
Musique : Noah Sorota

   Ne pas lire avant d'avoir vu la série

 
Un vaisseau spatial extraterrestre se crashe dans les montagnes du Colorado. Son pilote, incapable d'accomplir une mission de la plus haute importance, prend la place du docteur Harry Vanderspeigle (Alan Tudyk), qui vit seul dans un chalet isolé. Quatre mois plus tard, le shériff Mike Thompson (Corey Reynolds) fait appel à ses services, car le médecin de Patience, Sam Hodges (Jan Bos) a été retrouvé mort. La première confrontation de Harry avec les humains se passe à peu près bien, sauf qu'un gamin, Max Hawthorne (Judah Prehn), fils du maire Ben Hawthorne (Levi Fiehler), perçoit qu'il est un alien...
 
   Un extraterrestre paumé sur une planète dont il ne connaît pas les coutumes, et qui va donc faire l'apprentissage de celles-ci, voilà qui va permettre aux scénaristes de s'en donner à cœur joie dans l'anticonformisme, l'insolite, le décalé, l'insolence, et les «mots qui dépassent les paroles», comme le disait Michel Blanc dans «Les bronzés». Si Patrick Jane («The mentalist») sortait quelquefois à l'improviste des vérités qui n'étaient pas bonnes à dire, cela n'avait rien de comparable avec les saillies volcaniques que Harry balance sans aucun filtre. Il faut préciser que, au premier abord, son empathie envers le genre humain avoisine le zéro absolu. Il déteste leur conformation, leurs habitudes, leurs besoins, et surtout il abhorre les enfants, en particulier Max et sa petite copine, Sahar (Gracelyn Awad Rinke). Cette aversion permet bien sûr de tailler en pièces certains travers de notre civilisation, ce dont ne se prive pas notre alien mutique, caustique et sociopathe. Plus d'une fois, au cours de cette aventure abracadabrante, vient à l'esprit le titre du livre d'Yves Paccalet paru en 2006, «L'humanité disparaîtra, bon débarras». Me revient aussi la question que je m'étais posée en visionnant le film de Jacques Tati, «Jour de fête» : «voyons, suppose une seconde qu'un groupe d'extra-terrestres évolués intellectuellement et spirituellement, en avance de quelques siècles ou millénaires sur nous, débarque et souhaite connaître nos œuvres artistiques pour se forger une opinion sur les Terriens... Que vont-ils penser de nous ? Dois-je le dire : je ne voudrais pas être là pour entendre la réponse ! La honte !...» C'est exactement ce qui semble tourner en boucle dans la tête du paumé Harry. À son sujet, on admire le choix d'Alan Tudyck, capable, grâce à une plasticité faciale étonnante, de faire croire à son personnage d'Alien déjanté.

  La première moitié de l'histoire ne manque pas de sel, de surprises, de délires en tous genres (Harry discutant avec un poulpe, ancêtre de sa lignée alienne). La plaisir est d'autant plus aigu que tous les personnages sont à l'unisson : soit tendres, soit déjantés, soit improbables, soit lunaires, mais toujours captivants. Tous, depuis le 'couple' de flics style Dupont et Dupond, jusqu'au maire de la cité, fabricant de bougies pour calmer son stress, en passant par les deux enfants détectives, ou encore la 'perchée' D'arcy Bloom (Alice Wetterlund), possèdent ces petits grains d'originalité, d'insolite, de folie douce, qui attirent l'attention et l'intérêt du spectateur. L'ennui commence à poindre à mi-parcours, car le scénario patine un peu. La recherche par Harry de son appareil à dézinguer l'humanité n'en finit pas et n'avance pas beaucoup. Les parlotes commencent à devenir envahissantes, même si elles ont le mérite et l'utilité de présenter l'humanisation progressive du 'visiteur' qui, comme il était facile de le prévoir, se voit progressivement envahi par les qualités de l'enveloppe humaine qu'il a revêtue. Le plan final annonce une suite qui, apparemment, sera relativement brève. Au bout du compte, une découverte sympathique, hautement divertissante, peut-être un peu longuette.  
   
Bernard Sellier