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Un secret,
      2007, 
 
de : Claude  Miller, 
 
  avec : Cécile de France, Patrick Bruel, Julie Depardieu, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric, Nathalie Boutefeu, Yves Jacques,
 
Musique : Zbigniew Preisner

 
   
1955. Le jeune François, 7 ans, vit avec ses parents, Maxime Grinberg (Patrick Bruel) et Tania Stirn (Cécile de France). Sans en connaître la raison, il ne se sent pas pleinement heureux et s'invente un grand frère qui posséderait les capacités physiques dont son père rêve de le voir détenteur. Il trouve un certain réconfort auprès de Louise (Julie Depardieu), une amie de longue date de ses parents. C'est elle qui, peu à peu, va lui apprendre un secret soigneusement tu par sa famille. 1936. Maxime épouse Hannah Golda Stirn (Ludivine Sagnier). Il fait la connaissance, à cette occasion, du frère de sa femme, Robert (Robert Plagnol) et de son épouse... Tania... 
 
   Il est assez difficile de reconnaître la "patte" de Claude Miller dans cette oeuvre. Celui que l'on a connu profondément agressif dans les confrontations psychologiques de ses personnages ( "Garde à vue", "La meilleure façon de marcher"...) nous offre une romance, certes incrustée dans un contexte hautement dramatique, mais étrangement aseptisée, incolore, terne, comme si l'ampleur de la tragédie qui a frappé des millions de personnes étouffait l'envol des pulsions individuelles. Qui plus est, la construction choisie par le réalisateur, en incrustations multiples de quatre périodes bien différenciées (1936, 1943, 1955, 1985), fait que 90% de l'histoire est connue ou devinable au bout de dix minutes de film. Même si l'intrigue n'a pas pour but de créer un suspense haletant, cette défloration quasi immédiate de ce qui se veut tout de même un secret de famille soigneusement tu, est gênante. Si l'on ajoute à cela que le choix de Patrick Bruel est plus que discutable, que Mathieu Amalric (François adulte) est totalement transparent (mais là, c'est le rôle qui le veut !), il apparaît que tout le poids de l'oeuvre repose sur les trois personnages féminins, Hannah, Louise et surtout, l'envoûtante et radieuse Cécile de France. Ce sont elles qui insufflent un peu de vie à ce drame fondamentalement poignant, traité avec dignité, mais narrativement trop étiré et émotionnellement bien trop retenu pour bousculer profondément le coeur. Reste évidemment l'évocation de cette prériode qui compte parmi les plus sombres de l'histoire de l'humanité...

   
Bernard Sellier