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Stigmata,
     1999, 
 
de : Rupert  Wainwright, 
 
  avec : Patricia Arquette, Gabriel Byrne, Jonathan Pryce, Nia Long, Rade Serbedzija,
 
Musique : Elia Cmiral, Billy Corgan


   
Belo Quinto, une petite ville au sud-est du Brésil. Le Père Andrew Kiernan (Gabriel Byrne), envoyé par le Vatican, enquête sur une statue qui s'est mise à pleurer du sang depuis la mort du prêtre local, Alameida. Pendant ce temps, à Pittsburgh, une jeune coiffeuse athée, Frankie Paige (Patricia Arquette), vit un cauchemar et reçoit des blessures aux poignets sans en comprendre la cause. Or sa mère, en voyage en Amérique du Sud, lui a envoyé en cadeau un chapelet acheté à un enfant qui venait de le dérober lors de l'enterrement d'Alameida. Rentré à Rome, Kiernan est chargé par le Cardianl Houseman (Jonathan Pryce), de se rendre en Pennsylvanie, auprès de la jeune femme... 
 
   Construite sur une base qui fait tout de suite penser à celle du "Nom de la Rose" (la découverte d'un manuscrit dont le contenu est de nature à détruire le pouvoir de l'Eglise), l'histoire contée ici, sans être inintéressante, est cependant loin d'atteindre le niveau de passion et d'originalité qui habite l'oeuvre de Jean-Jacques Anaud. L'entrée en matière est des plus classiques, le mystère s'installe tranquillement, mais, malgré force scènes sanglantes, la progression dramatique vers un dénouement que l'on espère exceptionnel se fait poussive. Les séquences d'apparition des stigmates se répètent quasiment semblables les unes aux autres, et si Gabriel Byrne est aussi convaincant en scientifique converti que Patricia Arquette l'est en jeune femme moderne traumatisée par son vécu, la trame scénaristique dans laquelle ils évoluent a un peu de mal à développer son intensité. L'ensemble est esthétiquement réussi, filmé de façon moderne. Le sujet ne manque pas d'intérêt, puisqu'il s'agit en fait d'une transposition romancée de la découverte de l'Evangile de Thomas, découvert en 1945 à Nag Hammadi, en Haute-Egypte. Considéré comme hérétique par le Vatican... Mais, globalement, le spectateur a l'impression d'assister à une réédition contemporaine de "L'exorciste", et rien de transcendant ne permet de s'affranchir d'une comparaison qui ne vire pas forcément en faveur de ce film.  
 
   Bonne qualité, générale, bons effets spéciaux, bon sujet, bons acteurs. Manque seulement un génie créateur qui aurait permis de sublimer ce canevas traditionnel.
   
Bernard Sellier