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 Récents 

Sunshine,
      2007, 
 
de : Danny  Boyle, 
 
  avec : Cliff Curtis, Cillian Murphy, Michelle Yeoh, Rose Byrne, Benedict Wong, Chris Evans, Mark Strong, Troy Garity,
 
Musique : John Murphy, Underworld

 
   
Notre bon vieux soleil est en panne. La terre est devenue une antichambre de la glacière absolue. Une équipe d'astronautes est envoyée en mission vers notre étoile afin d'y insérer une bombe atomique destinée à la "relancer". C'est la mission Icarus 2. En effet, la mission Icarus 1, envoyée 7 ans plus tôt a manifestement échoué. Alors que le vaisseau spatial s'approche de Mercure, des signaux semblant appartenir à Icarus 1 sont captés... 
 
   L'équilibre est toujours difficile à tenir pour ce genre d'entreprise (nous parlons du film, bien sûr, pas de la tentative scientifique pour le moins utopique !). Soit l'oeuvre se tourne vers la méditation intersidérale à la manière de "2001, Odyssée de l'espace". Soit elle lorgne vers le grand guignol et le n'importe quoi patriotique, à la sauce "Armageddon". Danny Boyle a de toute évidence privilégié la première approche, et ce ne sont pas les références envers le film de Stanley Kubrick qui manquent, heureusement ici modernisées et vivifiées. Les décors sont superbes, vraisemblables, illuminés en permanence par les vibrations chaleureuses et dorées de notre bienveillant soleil. De plus les acteurs semblent y croire, ce qui permet au spectateur de ne pas chercher une impossible réponse à la myriade de questions que chaque séquence menace de déverser sur nos cervelles liliputiennes. Au fur et à mesure que l'aventure se développe (on pense plus d'une fois au merveilleux "Abyss" de James Cameron, ( sans en atteindre toutefois l'aura émotionnelle et magnétique ), un paradoxe grandit progressivement : bien que le vaisseau se rapproche de notre étoile centrale, les péripéties deviennent de plus en plus nébuleuses. Heureusement le réalisateur tient bon le cap originel, et ce qui aurait pu sombrer dans un délire gore, façon "Alien" se dissout en fin de compte dans un humanisme mystique et poétique, fort éloigné des habituelles fanfaronnades patriotiques dont nous régalent nos "amis" américains. L'envoûtement n'est pas forcément au rendez-vous, mais l'ensemble des drames vécus par l'équipage, bien que traditionnel (dilemmes, doutes, sacrifices, accidents...) nous touche plus d'une fois droit au coeur. Ce n'est déjà pas si mal...

   
Bernard Sellier