Traitement de choc, film de Alain Jessua, commentaire

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Traitement de choc,
          1972, 
 
de : Alain  Jessua, 
 
  avec : Alain Delon, Annie Girardot, Michel Duchaussoy, Robert Hirsch, Robert Party, Gabriel Cattand, 
 
Musique : Alain Jessua, René Koering

   
 
Hélène Masson (Annie Girardot) arrive dans le centre de thalossothérapie du docteur Devilers (Alain Delon), situé à Belle-île. Elle y a été recommandée par son ami Gérôme Savignat (Robert Hirsch). Le centre possède une excellente réputation auprès de la haute société, pour ses cures de rajeunissement miraculeuses. Mais bientôt Hélène commence à avoir certains doutes... 
 
 Ce film est assez mythique pour la simple raison que, la libération sexuelle ayant eu lieu récemment, la nudité y est bravement assumée. Alain Delon, Annie Girardot et les patients adeptes du rajeunissement n'ont aucune réserve pour se baigner ou effectuer une bataille d'algues dans le plus simple appareil. Mais au-delà de ce constat anecdotique, le thème abordé est loin d'être inintéressant. Il se montre même particulièrement d'actualité à une époque où l'allongement de la vie est la préoccupation majeure de Google, des élites de Davos et du GAFAM, ou de transhumanistes assumés, tel l'inquiétant Laurent Alexandre. Le film s'inscrit dans une lignée d'œuvres visitant les dérives thérapeutiques, à l'image de «Mesures d'urgence»,  «A cure for life» ou encore «Morts suspectes». Après un générique interminable, comme c'était souvent la mode à l'époque, et d'une approche visuelle vulgaire et hideuse,  le scénario déroule tranquillement ses rebondissements, avec une illustration de mise en scène très basique. On ne peut dénier à l'histoire une certaine efficacité, tant son approche de la caste des nantis foncièrement racistes et égocentristes est franche et sans ambiguïté. Mais la contrepartie est que la finesse n'est vraiment pas au rendez-vous. Annie Girardot est charmante, Delon toujours aussi magnétique et charmeur, même dans sa vilenie, mais la construction dramatique est tellement grossière que l'impact dénonciateur se voit grandement amenuisé. Quant à la musique aux sonorités tribales elles aussi primaires, elle est parfois à la limite du supportable.

   
Bernard Sellier