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The tunnel,
     (Tunnelen),     2019, 
 
de : Pål  Øie, 
 
  avec : Thorbjørn Harr, Ylva Fuglerud, Lisa Carlehed, Mikkel Bratt Silset,
 
Musique : Martin Todsharow, Lars Löhn, Ingo Frenzel, 

 
  
Un tunnel dans la montagne norvégienne. Au moment des fêtes de Noël, alors qu'un blizzard violent se déchaîne et que les chasse-neige ouvrent la voie à une longue file de vacanciers, un camion-citerne heurte la paroi et s'immobilise. Les secours sont difficiles à organiser car une avalanche bloque l'arrivée par la voie ouest. Pour comble de malheur, la citerne explose, dégageant des fumées mortelles... 
 
   Avant d'aborder le traitement de cette catastrophe, il est important de noter que la majorité des 1100 tunnels norvégiens ne comportent pas d'issues de secours. Le principe est celui de l'auto-sauvetage, ce qui est tout de même assez stupéfiant dans un pays qui se veut à la pointe de la civilisation. Pour ce qui est de la réalisation, l'ouverture est conforme à la tradition des films du genre. Le récit nous présente les conditions météorologiques épouvantables, et s'intéresse à un petit nombre de personnages clés. Il y a en particulier Stein Berg (Thorbjørn Harr), veuf, amoureux d'Ingrid (Lisa Carlehed), en froid avec sa fille Elise (Ylva Fuglerud). Mais cette présentation est bien le seul compromis que le film retient des modèles antérieurs existants, car, dès que le drame s'installe, c'est un quasi documentaire, soigneusement documenté, qui se déroule sous les yeux du spectateur. Ici pas de super héros à la manière de Sylvester Stallone dans un «Daylight» par ailleurs captivant, mais de simples humains confrontés à une situation cataclysmique. Les divers protagonistes sont typés, mais jamais caricaturaux. Aucune esbroufe ou spectaculaire gratuit dans le traitement des évènements,  aucun de ces tics horripilants où le petit animal va être secouru à la dernière minute par le gentil bienfaiteur. Noyés dans une fumée noire, toxique, les parcours des quelques survivants et sauveteurs ne manquent pas de provoquer chez le spectateur un sentiment d'étouffement et une hantise de l'asphyxie qui, pour être moins meurtriers que ceux des accidentés, n'en demeurent pas moins d'une redoutable intensité. Le propos se veut limité au processus de secours et à l'évacuation très dangereuse de quelques automobilistes coincés dans ce lieu clos devenu mortel. Pas de dénonciation radicale de certaines politiques, comme c'était le cas par exemple dans le film éponyme de Seong-hun  Kim «Tunnel» sorti en 2016. Simplement des faits, des circonstances, sans fioritures ni jugements. Mais l'efficacité est là... 

   
Bernard Sellier