Images et Mots
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" V pour vendetta ",
    ( V for vendetta  ),         2005, 
 
de : James  McTeigue, 
 
  avec : Natalie Portman, John Hurt, Hugo Weaving,
Stephen Rea, Roger Allam, Rupert Graves, Stephen Fry,

 
Musique : Dario Marianelli
















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   Depuis la perpétration de multiples attentats à l'arme bactériologique, la Grande Bretagne vit sous un régime hautement sécurisé. Le couvre-feu est de rigueur en permanence et chaque habitant est étroitement surveillé. L'armée et les milices sont placées sous la direction d'un "Grand Chancelier" à la poigne de fer, Adam Sutler (John Hurt). Une nuit, la jeune Evey (Natalie Portman) est surprise par des agents de surveillance qui veulent abuser d'elle. Un être mystérieux, V (Hugo Weaving), affublé d'un masque, élimine ses agresseurs. Il la conduit au sommet d'un building afin qu'elle assiste à l'explosion d'un bâtiment officiel dont il est responsable. Finch (Stephen Rea), un policier d'origine Irlandaise, commence une enquête difficile... 
 
   Quelle divine surprise ! Même pour une personne allergique aux bandes dessinées (ce qui est mon cas !), cette oeuvre se place d'emblée au panthéon des adaptations du genre. Cela est d'autant plus étonnant que les composantes, prises isolément, ne sont pas particulièrement novatrices. Un vengeur masqué, dont le "V" remplace le célébrissime "Z". Un pays que la peur a conduit dans la voie de non retour d'un totalitarisme forcené. Un "Führer" moderne qui, tel "Big Brother", écrase le peuple et tous ses conseillers sous une poigne démentielle. Une frêle jeune fille écartelée entre l'admiration pour ce mystérieux vengeur, et la crainte devant ses dérives violentes... Rien dans tout cela d'exceptionnel. 
 
   Et pourtant, dès le commencement, le miracle se produit. Les ingrédients fusionnent avec une souplesse, une élégance, une harmonie surprenantes. L'aspect infantile, réducteur, propre au monde de la BD, se métamorphose rapidement, pour se fondre dans un univers magique, à la fois onirique, utopique, archétypal, et cependant toujours réaliste. Jamais le ridicule, hélas souvent si destructeur dans ce type de création, ne pointe. Derrière la fantaisie, le burlesque, le spectaculaire, veillent en permanence l'intelligence, la réflexion, la poésie, le drame, et, ce qui ne gâte rien, l'originalité stylistique. Ils revêtent chaque scène d'une charge émotionnelle savamment dosée, dont le personnage d'Evey est le vecteur principal, aussi charmant que poignant. L'équilibre entre ces ingrédients pourtant disparates, est constant. Puisant son inspiration aussi bien dans l'aventure simpliste, façon Zorro, que dans la notion de Karma des Hommes ou des Nations, l'histoire visite de multiples univers : le pouvoir de la peur, la manipulation, l'utilisation de la violence comme moyen libérateur, l'indestructibilité de l'espoir, l'impersonnalité de l'Amour vrai... Et ce voyage s'effectue sans prétention, sans boursouflure, dans les wagons d'une aventure hautement excitante, passionnante de bout en bout. Plus d'une fois, on pense à la confrontation de la "Belle et de la Bête", au "Fantôme de l'Opéra". Mais ce que le film de Joël Schumacher détruisait, à force d'emphase et de délires visuels, dans son spectaculaire opéra, James McTeigue le réussit grâce à sa simplicité, dans une aventure basique : faire battre le coeur du spectateur d'une émotion profonde pour un improbable fantoche masqué. 
 
   Génial ! D'ailleurs, pouvait-il en être autrement d'une oeuvre dans laquelle le héros est un admirateur absolu du "Comte de Monte-Cristo" ?...
 

  
Bernard Sellier  
 
 

 

 

 
 
 
  
 


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