Les veuves, film de Steve McQueen, commentaire

  Bienvenue sur le site d'un manipulateur de mots, passionné d'écriture, de cinéma, de musique, d'ésotérisme...     
 A - Z 
 1 à 7* 
 Séries 
 Récents 

Les veuves,
      2018, 
 
de : Steve  McQueen, 
 
  avec : Viola Davis, Liam Neeson, Jon Bernthal, Elizabeth Debicki, Michelle Rodriguez, Colin Farrell, Robert Duvall,
 
Musique : Hans Zimmer

   
 
Un braquage a mal tourné et les quatre truands, conduits par le vétéran Harry Rawlings (Liam Neeson), sont morts. Leurs veuves se retrouvent en grande difficulté financière, surtout Veronica Rawlings (Viola Davis), qui se voit réclamer deux millions de dollars par le commanditaire de son mari, Jamal Manning (Brian Tyree Henry). Ayant découvert dans un carnet de son époux le projet de son prochain casse, elle embauche les trois veuves, Alice (Elizabeth Debicki), Linda (Michelle Rodriguez) et Amanda (Carrie Coon), pour le réaliser... 
 
 Avec «Shame» et surtout «12 years a slave», Steve McQueen avait secoué le public de manière intense. Il nous propose ici une histoire beaucoup plus traditionnelle, dont l'originalité principale réside dans le fait que ce sont les femmes qui réalisent ce qui est d'ordinaire la chasse gardée des hommes. L'ouverture de l'histoire se montre très agitée de façon assez gratuite, et surdécoupée, ce qui nuit au repérage des liens entre les personnages et à la compréhension des évènements. La clarté s'installe heureusement peu à peu et le spectateur voit se construire une histoire assez classique de vols et de manipulations, avec, en toile de fond des truands véritables et des politiciens qui le sont tout autant. Le casse en lui-même ne présente aucun intérêt, celui-ci naissant uniquement de la féminisation des braqueurs. Un gros rebondissement surgit dans la toute dernière partie, mais il se montre sous-exploité à l'extrème, tant en terme de narration qu'en terme de psychologie. L'approche anti capitaliste et anti corruption, qui occupait dans la première partie une place prépondérante, se voit totalement exclue de la seconde moitié. Quant aux personnages, il ne s'en trouve quasiment aucun, exception faite à l'extrême rigueur, de Viola lors de la dernière scène, pour provoquer chez le spectateur un minimum d'empathie. Ni d'ailleurs d'antipathie, si l'on excepte deux personnages masculins. Ces quatre femmes semblent incarner des images nouvelles de la puissance féminine, jusqu'alors écrasée par le machisme ambiant. Il est d'autant plus dommage que la prestation de trois d'entre elles se limite à suivre la tête pensante et agissante qu'est Viola. Quant au dénouement, il frappe par sa brusquerie, et laisse un mauvais goût d'inachevé.

 Une assez grosse déception et une incompréhension marquée pour l'encensement critique aui a salué le film à sa sortie. Un tout petit quatre étoiles pour Viola Davis.
   
Bernard Sellier