Adieu les cons, film de Albert Dupontel, commentaire

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Adieu les cons,
        2017, 
 
de : Albert  Dupontel, 
 
  avec :  Albert Dupontel, Virginie Efira, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz,
 
Musique : Christophe Julien



 
Ne pas lire avant d'avoir vu le film...

  Suze Trappet (Virginie Efira) apprend qu'une maladie auto-immune menace sa survie à brève échéance. Elle décide de retrouver coûte que coûte l'enfant qu'elle a dû abandonner trente ans plus tôt. Mais la trace semble effacée. Pendant ce temps, Jean-Baptiste Cuchas (Albert Dupontel), spécialiste en informatique, se voit remercié du jour au lendemain par le ministère qui l'avait engagé pour une refonte complète des réseaux... 
 
   Deux sujets éminemment dramatiques. Mais très vite, ne serait-ce que dans le diagnostic du médecin, dans la présentation du passé de Suze, ou dans le 'suicide' de Jean-Baptiste, on reconnaît l'approche détonante d'Albert Dupontel, et le rire, aussi grinçant soit-il, n'est jamais loin, toujours tapi derrière un plan ou une réplique. Le scénariste-réalisateur-acteur délaisse ici la flamboyance qui marquait son adaptation du roman de Pierre Lemaître «Au-revoir là-haut» pour revenir à l'une de ses marques de fabrique préférées, à savoir la fantaisie contestataire, style «Le vilain». Le spectateur aura donc droit à une galerie de personnages très typés : Cuchas lui-même, inadapté social chronique, l'inénarrable psy niveau CE1 campé par Michel Vuillermoz, un aveugle passablement allergique aux flics, et un docteur Lint (Jackie Berroyer) sous Alzheimer prononcé. Au milieu de ces individualités 'borderline', trône une Suze Trapet impressionnante de ténacité, qui génère un télescopage permanent entre situations burlesques, rebondissements improbables, et plages d'émotion parfois inattendues. Certes, nous sommes dans un conte sombre, doté d'un final à la «Thelma et Louise» très tape à l'œil, et la vraisemblance, le réalisme, ne sont pas la préoccupation première du scénario. Mais, même si la folie qui plane sur l'histoire emporte le spectateur dans une délirante course à l'abîme, on peut tout de même regretter l'empilement d'artificialité et de simplisme qui tire irrémédiablement cette fable au fondement émouvant, ponctuellement poétique, vers une transe comique aux schématisations parfois incongrues.  

   
Bernard Sellier