Ambulance, film de Michael Bay, commentaire

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Ambulance,
        2022, 
 
de : Michael  Bay, 
 
  avec : Jake Gyllenhaal, Yahya Abdul-Mateen II, Garret Dillahunt, Eiza González, Keir O'Donnell, Jackson White,
 
Musique : Lorne Balfe

 Ne pas lire avant d'avoir vu le film...

 Will Sharp (Yahya Abdul-Mateen II) ne parvient pas à trouver d'argent pour soigner sa femme Amy(Moses Ingram) atteinte d'un cancer. Il demande de l'aide à son demi-frère Dany (Jake Gyllenhaal) qui en réponse lui propose de participer au hol-up d'une banque. Le casse se passe mal, plusieurs acolytes sont abattus. Danny et Will parviennent à voler une ambulance dans laquelle se trouve Zach (Jackson White), un policier blessé et une infirmière Cam Thompson (Eiza González)... 
 
 L'infirmière est jolie, courageuse et compétente. Will est un faux méchant amoureux de sa famille. Danny est un vrai méchant, mais in extremis, il accepte d'aider son frère qui veut aider les otages... Tout cela s'étale pendant cent trente-cinq minutes dans une furie apocalyptique où les voitures volent, se télescopent, explosent. Fidèle à son image de fabricant de super spectacles cinématographiques («Armageddon», «Pearl Harbor», «Transformers»...), Michael Bay nous offre ici une histoire délirante qui décourage la cotation. Si l'on ne prend en compte que l'énergie dépensée, l'agitation, le bruit assourdissant des bolides qui se fracassent et des tirs d'armes automatiques, la folie furieuse qui anime l'ensemble, les caméras virevoltant en tous sens, les basses qui ébranlent les murs, c'est un six étoiles que mériterait cette aventure qui évoque un «Speed» puissance cent. Mais si l'on prend en compte l'intrigue en elle-même, son mépris total du réalisme, ses dialogues archi éculés et ses personnages caricaturaux, l'enthousiasme fond comme neige au soleil. Comme dans tout blockbuster du genre, les caractères de chacun sont expédiés à la truelle, avec des intervenants improbables, à l'image du capitaine Monroe (Garret Dillahunt) arrivant avec son énorme chien dans une mini Fiat 500, ou encore le truand demeuré adepte des flamands roses. Quand aux invraisemblances, elles sont tellement nombreuses et énormes qu'elles provoquent plus d'une fois l'hilarité. Will et Danny se mettent à chanter du rock dans l'ambulance alors qu'ils sont poursuivis par toute la police de LA, mais le top du grand n'importe quoi réside quand même dans le destin de l'increvable Zach. Lorsqu'il est pris en otage, il ne lui reste plus que quelques minutes à vivre. Pourtant, une heure et demie plus tard, alors que l'infirmière lui a ouvert l'abdomen pour retirer la balle, que sa rate a éclaté, et qu'il a perdu des litres de sang, il survit miraculeusement. Aucun scénariste amateur n'oserait proposer à des producteurs de telles incongruités de peur de se faire éjecter à coups de lattes. Pourtant certains l'osent ! Après tout, nous vivons l'époque où les super héros règnent sur le monde d'Hollywood et le mot «invraisemblance» n'a plus grande signification. Un constat est inattaquable : c'est épuisant !

   
Bernard Sellier