Images et Mots
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" Antwone Fisher ",
           2002, 
 
de : Denzel  Washington, 
 
  avec : Derek Luke, Denzel Washington, Malcolm David Kelley,
Cory Hodges, Joy Bryant,

 
Musique : Mychael Danna
















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   Le jeune Antwone Fisher (Derek Luke) est second maître dans la marine américaine. Son caractère belliqueux lui attire nombre d'ennuis avec ses compagnons et avec la hiérarchie. A la suite d'un énième combat, il est obligé par son commandant de consulter un psychiatre. Il se rend donc auprès du capitaine Jerome Davenport (Denzel Washington) pour trois séances, nécessaires à une évaluation pour déterminer son avenir éventuel dans l'armée. Il refuse tout d'abord de coopérer puis, peu à peu, s'amadoue et confie son histoire... 
 
   "L’acteur cinéaste sacrifie la sobriété sous l’autel du plus commun mélodrame et noie toutes les situations intenses dans le pathos le plus suintant". (Romain le Vern, dans Objectif Cinéma). 
 
   "La chronique d’une enfance dévastée aurait pu facilement tourner au pathos larmoyant, mais le film de Washington est d’une pudeur et d’une délicatesse qui permettent d’éviter tout débordement". (Nicolas Bardot, dans Film de Culte). 
 
   Voilà deux exemples particulièrement limpides des réactions aussi subjectives qu'opposées, qui peuvent être engendrées par une oeuvre. Je passe sous silence la descente en flammes et en piqué, qui est une des marques distinctives de "Chronic'Art"). 
 
   Autant il est compréhensible que l'extrémisme de certaines oeuvres, telles "Funny games" ou "La Passion du Christ" puisse amener des prises de parti profondément opposées et/ou violentes, autant, lorsque l'on a visionné ce film, on peut qu'être stupéfait par des aversions aussi radicales. Certes, la bonté, le positivisme, les scénarios fondés sur le dépassement de soi-même, ont bien souvent mauvaise presse, comme si les vertus développées étaient synonymes de larmoiement et de mélodrame sucré dégoulinant ! Mais tout de même, pour voir dans ce film un pathos ultra suintant, il faut avoir une "bonne" vue ! Si certaines faiblesses parsèment ce récit, inspiré de l'histoire réelle d'Antwone Fisher, il me semble qu'elles se situent à un tout autre niveau. Denzel Washington, pour son premier film en tant que réalisateur, a choisi une histoire dramatique. Tout ce qui touche l'enfance martyrisée l'est par essence. Il se tire fort honnêtement, sobrement, de ce parcours et la qualité de son approche me semble grandir au fur et à mesure que se déroule la trame, pour se clore dans une fort belle scène à l'émotion maîtrisée, entre Antwone et sa mère.  
 
   Globalement, il n'en reste pas moins que, à mon sens, le film pèche par divers points. D'une part, l'approche psychologique, plus que réductrice et simpliste. C'est d'ailleurs souvent un dénominateur commun aux oeuvres américaines qui se penchent sur les traumatismes intérieurs (il suffit de revoir "Le Prince des marées" ou "Mr. Jones" pour s'en convaincre). Il est impressionnant de voir à quel point les psychiatres d'outre-Atlantique sont performants ! Trois séances, quelques mots et, hop, les blocages s'envolent. Je ne sais si cela s'est réellement passé aussi simplement pour le véritable Antwone. Si c'est le cas, tant mieux pour lui. Dans notre vieille France, les résultats ne sont pas aussi spectaculaires ! Mais là n'est pas le plus gênant. Après tout, nous sommes dans un film de cent minutes et il est légitime de faire des concessions sur le vérisme. 
 
   Ce qui m'a davantage gêné, c'est le traitement cinématographique de l'histoire. Je n'ai pas de connaissances techniques, mais il me semble que transparaît, dans la mise en scène, une certaine application maladroite, un manque d'épaisseur et d'intensité dans les scènes qui, souvent, sont alignées sans finesse, sans mystère, de manière quelque peu infantile, presques brutes de décoffrage. Cela n'est d'ailleurs pas sans influer sur la crédibilité des personnages qui, faute de liant évolutif, passent d'un état à son opposé comme des marionnettes télécommandées. 
 
   "Antwone Fisher" est cependant un film intéressant, ne serait-ce que par son sujet : la quête des repères et la capacité de pardonner pour vivre pleinement, et par l'incarnation du jeune Derek Luke.
 
  
Bernard Sellier 
 
 

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