Deep state, Saison 1, série de Matthew Parkhill, commentaire

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Deep state,
      Saison 1,     2018
  
de : Matthew  Parkhill, 
 
avec : Mark Strong, Karima McAdams, Anastasia Griffith, Alistair Petrie, Rachel Shelley, Walton Goggins, Lyne Renée,
 
Musique : Harry Escott

 Saison 2 

 Ne pas lire avant d'avoir vu la série...

 
Max Easton (Mark Strong), ancien agent des services secrets anglais a pris sa retraite. Il a épousé Anna (Lyne Renée) et a deux filles. Son ancien chef, George White (Alistair Petrie) le contacte un jour et menace sa famille s'il n'accepte pas une mission à Beirouth. Max s'y rend et apprend que son fils Harry (Joe Dempsie) qui faisait équipe avec son amie Leyla Toumi (Karima McAdams) et Said (Zubin Varla), aurait été tué...
 
 Une sorte de « Homeland » qui mêle règlements de comptes, actions criminelles illégales des services secrets et des multinationales, missions secrètes, chantages, et manipulations en tous genres. Carrie Mathison est ici remplacée par Max Easton qui lui n'a pas de pathologies psychologiques à résoudre, mais en revanche entretient des relations plus que conflictuelles avec son fils aîné Harry. Il est vrai que la vraisemblance événementielle n'est sans doute pas le point fort de cette première saison. Mais nous ne parlons ici que de la partie action, qui tient une place importante. Max, secondé très efficacement par son fils Harry et par la compagne de celui-ci, Leyla, ressemble davantage au super héros Jack Bauer de «24 heures» qu'à Carrie Mathison. Il faut dire, a contrario, que le scénario, particulièrement complexe et retors, est, lui, très éloigné de la narration en temps quasi réel de la série créée par Jon Cassar. Les raccourcis temporels et géographiques sont légion et la facilité avec laquelle certains rebondissements surviennent pourrait irriter les puristes. Mark Strong se montre très convaincant en redresseur de torts et la présence de sa femme et de ses enfants apporte un peu d'humanité à son personnage pour le moins radical.

 Mais à partir du moment où le spectateur accepte ces artifices narratifs, il est instructif et captivant de se pencher sur la trame sous-jacente. Dans ce domaine, la vraisemblance est, mille fois hélas, parfaitement respectée. Certes, les évènements relatés ont été imaginés par les scénaristes, mais ils ne sont qu'une illustration fictive des innombrables actions qui ont été menées au cours des décennies par la CIA et les divers bénéficiaires des guerres construites de toutes pièces. L'ignoble guet-apens orchestré par les services secrets et la multinationale du bâtiment, consistant à assassiner les membres de la commission d'enquête envoyée en Iran en faisant passer l'exécution pour une action des gardiens de la révolution, est un exemple flagrant. Serait-ce une invention d'un scénariste à l'imagination débordante ? Loin de là ! Rappelons-nous simplement le rapport mensonger sur la présence d'armes nucléaires en Irak, qui a permis le déclenchement de la guerre, ou encore l'histoire du vrai-faux charnier qui a permis le déclenchement de la guerre du Kosovo. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi les milliers de manipulations criminelles orchestrées par la CIA, le KGB, le MI6 et tous les services secrets à travers le monde, pour fomenter des révolutions, des changements de régimes, des soulèvements prétendus populaires...

 Une série de ce genre, malgré ses facilités narratives, est indispensable, surtout en cette époque où les fake news ne situent pas forcément du côté indiqué par les autorités, pour exposer à la vue de tous les manipulations criminelles qui orchestrent en permanence la vie de la planète. L'un des protagonistes le dit clairement : «Plus personne ne s'intéresse à la vérité». L'installation d'une guerre présente de multiples bénéfices. Les usines d'armement tournent à plein régime et, une fois le conflit terminé, les multinationales du bâtiment et des travaux publics engrangent des dizaines de milliards en reconstruisant les zones rasées. Il y a bien sûr quelques dizaines ou centaines de milliers de morts. Quelle importance, puisque de toute manière, la diminution de la population mondiale est à l'ordre du jour dans le programme des «élites». Au contraire, le bénéfice est réel dans tous les domaines. 

 Une première saison passionnante par son contenu géo-politique, dotée d'un suspense efficace, même si le côté spectaculaire est développé de manière excessive. 
   
Bernard Sellier