Images et Mots
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" La doublure ",
           2006, 
 
de : Francis  Veber, 
 
  avec : Gad Elmaleh, Alice Taglioni, Daniel Auteuil, Kristin Scott Thomas,
Richard Berry, Virginie Ledoyen, Michel Aumont, Michel Jonasz, Dany Boon,

 
Musique : Alexandre Desplat
















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   François Pignon (Gad Elmaleh), modeste voiturier dans un Palace parisien, espère épouser Emilie (Virginie Ledoyen). Il partage son appartement minable avec un de ses collègues, Richard (Dany Boon). Pierre Levasseur (Daniel Auteuil) est un puissant et riche PDG, même si la majorité de la fortune appartient à son épouse, Christine (Kristin Scott Thomas). Il a pour maîtresse depuis deux ans un Top Model célèbre, Elena (Alice Taglioni), mais prend grand soin que sa femme l'ignore. Malheureusement, lasse de voir la promesse de divorce non tenue, Elena annonce un jour à son amant qu'elle rompt. Un journaliste, témoin de leur tête à tête houleux, les photographie. Le cliché fait la une des journaux à sensation. Pour donner le change à sa femme, Pierre est contraint de trouver rapidement une parade. François Pignon, par hasard présent sur la photo, doit devenir l'amoureux d'Elena. Maître Foix (Richard Berry), avocat du PDG, organise l'affaire. Pignon et la ravissante Elena vivent une soi-disant liaison, tandis que les espions de Christine et ceux de Pierre ne quittent pas d'une semelle le couple artificiel... 
 
   La franchise "François Pignon", qui a donné naissance à nombre de créations jouissives ("Le dîner de cons", "Les fugitifs", "les Compères"...), ou moyennement réussies ("Le Placard"), voit ici Gad Elmaleh succéder à Pierre Richard, Jacques Villeret et même... Daniel Auteuil lui-même ! Mais, est-ce l'usure du temps, la routine dans laquelle s'est installé le réalisateur-scénariste, l'avalanche de situations éculées, la mise en images aussi pauvre qu'immuable (le générique plonge même dans le ringard), ou encore le choix des interprètes du loser majuscule, toujours est-il que toute cette agitation puérile, laborieuse, sans une once d'imagination créatrice, à côté de laquelle les trouvailles de Feydeau semblent un trésor d'inventivité, fait presque pitié. Les acteurs font tout leur possible, Gad Elmaleh, sympathique et bonhomme, en tête, mais ne peuvent rien pour extirper le scénario d'une platitude incurable. Son choix pour incarner Pignon est d'ailleurs sans doute responsable en partie du ratage. Pierre Richard, Jacques Villeret étaient des hurluberlus décalés, des fantoches lunaires qui collaient parfaitement à la peau du Pignon (ou du Perrin...) de base, gaffeur et catastrophique. Gad Elmaleh, lui, est un jeune homme tout à fait sympathique, mais surtout intensément normal, ce qui est un hiatus majeur par rapport à ce que l'on veut nous faire croire. Le scénario a beau répéter cent fois que l'association Elena-Pignon est contre nature, le spectateur, même complaisant, ne voit absolument pas le pourquoi de cette assertion préfabriquée !  
 
   Les personnages, installés à coups de poncis archi usés, vont du conventionnel le plus dur à l'improbable le plus factice (Michel Aumont en médecin beaucoup plus atteint que ses malades). Dire qu'on ne s'amuse jamais serait peut-être un mensonge (Dany Boon arrive à nous arracher quelques sourires). On a de plus en plus l'impression que Francis Veber prend un peu la même route que Gérard Oury vieillissant, qui, après nous avoir enchanté avec "La grande vadrouille" ou "Les aventures de Rabbi Jacob" sombrait dans les pitoyables pitreries de "La soif de l'or". Dommage ! On l'aimait bien, le François Pignon qu'illuminait Jacques Villeret. Certes, c'était du théâtre filmé, avec les limitations que cela impose, mais la multiplication présente des décors et des personnages ne semble pas enluminer l'inspiration du réalisateur. Bien au contraire... Elle met en lumière l'indigence de l'ensemble. Sans compter un dénouement des plus pâlichons ! Un tout petit trois étoiles...
 
  
Bernard Sellier  
 
 

 

 

 
 
 
  
 


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