Images et Mots
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" I comme Icare ",               1979,  
 
de : Henri  Verneuil, 
 
  avec : Yves Montand, Pierre Vernier, Roland Blanche, Michel Albertini, Maurice Bénichou, Brigitte Lahaye, Didier Sauvegrain, Robert Party, Roger Planchon,
Jean Negroni, Marcel Maréchal,

 
Musique : Ennio Morricone
















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   Marc Jarry (Gabriel Cattand) vient d'être réélu pour un second mandat présidentiel. Au cours d'un déplacement en voiture décapotable, au milieu de la foule en liesse, il est abattu de trois balles. Immédiatement le coupable est désigné. Il s'agit de Karl Eric Daslow (Didier Sauvegrain), qui, effectivement, se trouvait sur la terrasse d'un building proche du lieu de l'attentat. Le problème est que l'arme préparée pour Daslow ne comportait qu'un chargeur vide ! Lorsqu'il se prépare à fuir, un inconnu surgit et le tue d'un coup de révolver. Un an plus tard, la commission d'enquête s'apprête à rendre ses conclusions : Daslow est le seul coupable, et il s'est suicidé avant d'être arrêté. Mais, à la surprise de tous, l'un des membres de la commission refuse de signer le rapport. Il s'agit du procureur Henry Volney (Yves Montand)... 
 
   A côté de ses oeuvres purement policières ("Peur sur la ville", "Le clan des Siciliens", "Le casse"), Henri Verneuil s'est également tourné vers ce qu'on pourrait qualifier de thrillers socio-politico-financiers, tels "Mille milliards de dollars" et ce film-ci. Inspiré, à l'évidence, de l'assassinat du Président Kennedy, avec un Procureur Volney qui évoque bien sûr le Jim Garrison de "JFK", le scénario ne possède pas la richesse de celui que composera Oliver Stone douze ans plus tard. Il faut d'abord accepter le postulat de base, à savoir que l'enquête semble commencer réellement un an après l'assassinat de Jarry. Un esprit tatillon pourra se demander pour quelle raison le pointilleux et scrupuleux personnage campé magnifiquement par Yves Montand n'a pas effectué toutes les démarches que l'on découvre dans le récit durant l'année au cours de laquelle la commission d'enquête a travaillé. Mais, une fois ce point accepté, le spectateur se laisse facilement emporter par le travail d'investigation auquel se livre le Procureur. qui, sans être particulièrement original, est suffisamment captivant pour égaler nombre de thrillers purs et durs. Mais ce qui fait surtout le prix de cette oeuvre, c'est sans conteste la partie consacrée au Professeur David Naggara (Roger Planchon), inspirée des expériences réelles effectuées de 1960 à 1963 à l'Université de Yale par Stanley Milgram. A partir d'une expérience que l'on pourrait qualifier de (faussement) "bête et méchante", s'opère une réflexion passionnante et vertigineuse sur la composante "moutonne" de l'être humain et, par voie de conséquence, sur l'aisance avec laquelle un état totalitaire ou fasciste utilise la masse des concitoyens pour travailler à son oeuvre de nuisance et développer n'importe quelle monstruosité en morcelant les responsabilités. Tout simplement terrifiant...  
  
 
Bernard Sellier
 

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