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#JeSuisLà,
      2019, 
 
de : Eric  Lartigau, 
 
  avec : Alain Chabat, Blanche Gardin, Bae Doona, Ilian Bergala, Delphine Gleize, Jules Sagot,
 
Musique : Evgueni et Sacha Galperine

 ❤❤❤ 
  
   
Stéphane Lucas (Alain Chabat), restaurateur au pays Basque, s'ennuie. Il s'évade sur Instagram et entretient un contact avec une jeune sud Coréenne, Soo ( Bae Doona). Sur un coup de tête, il laisse le restaurant aux mains de Suzanne (Blanche Gardin) et de l'un de ses fils, David (Ilian Bergala) pour se rendre à Séoul...

    Éric Lartigau est capable de souffler le chaud («Prête-moi ta main») et le froid («Mais qui a tué Pamela Rose ?»). Il est ici dans l'entre deux, avec cette comédie sentimentale dans l'air du temps, pas désagréable, mais très oubliable. Alain Chabat est présent dans tous les plans, ce qui est assez positif, car sa simplicité naïve, sa spontanéité lunaire, ne manquent pas d'apporter à cette romance un certain charme. Et celui-ci est très utile pour meubler une aventure passablement étirée, dont les péripéties oscillent entre le sympathique, le superflu et l'agaçant. Une grande partie du film se déroule dans l'aéroport de Séoul, évoquant immanquablement «Tombés du ciel» de Philippe Lioret, «Le terminal» de Spielberg, ou encore «Lost in translation» de Sofia Coppola. C'est amusant un moment, mais sur la durée, ça devient vite lassant. On a l'impression d'assister à une copie de «J'irai dormir chez vous», avec le smartphone, personnage à part entière, vissé au bras de Stéphane comme la caméra l'est sur le corps d'Antoine de Maximy. Les quelques moments poético-oniriques sont noyés dans le monde virtuel des chats et des incrustations numériques. Fondée sur une intéressante opposition entre l'idéal romantique et la virtualisations contemporaine des relations, l'histoire ne décolle jamais vraiment et se clôt dans un dénouement, certes réaliste et humain, mais d'une banalité redoutable.

     En fait, nous ne sommes pas vraiment devant un film, mais plutôt devant un one man show exotique, d'autant plus que les quelques personnages secondaires sont réduits à l'état de figurants.

   
Bernard Sellier