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La malédiction,
     (The omen),     1976, 
 
de : Richard  Donner, 
 
  avec : Gregory Peck, Lee Remick, David Warner, Harvey Stephens, Billie Whitelaw, Martin Benson,
 
Musique : Jerry Goldsmith


   
Robert Thorn (Gregory Peck) est ambassadeur à Rome. Sa femme, Katherine (Lee Remick) accouche d'un enfant mort né. Le Père Spiletto (Martin Benson) convainc Robert de ne rien dire à son épouse, et de faire passer un bébé, dont la mère vient de mourir, pour leur fils. Quelques années ont passé. Damien (Harvey Stephens) a 5 ans. Robert a été nommé ambassadeur à Londres. Lors de la fête d'anniversaire de l'enfant, sa gouvernante se pend en criant qu'elle accomplit cela pour le bien du garçonnet. Un jour, Robert reçoit la visite du Père Brennan (Patrick Troughton), qui semble obsédé par un Verset de l'Apocalypse... 
 
   Alors que John Moore, le réalisateur de "En territoire ennemi" vient de pondre (on se demande bien pourquoi !), en cette année 2006, un remake du film de Richard Donner, il est bon de se replonger dans l'original, d'autant plus que, trente ans après, celui-ci conserve toutes ses qualités. Dans ce long métrage, le premier qui soit conçu pour le grand écran, le futur créateur des "Arme Fatale" se montre particulièrement inspiré. Délaissant (à une ou deux exceptions près) le spectaculaire et l'horreur simpliste, il s'attache à l'évolution psychologique des personnages, fondant l'angoisse, qui s'amplifie efficacement tout au long du drame, beaucoup plus sur des regards, des mots, des attitudes, que sur des effets sanglants ostentatoires. La narration privilégie en permanence l'atmosphère normale d'une famille ordinaire, tout en injectant, à doses progressives, l'inquiétude, l'anormalité, puis la terreur pure, mais a le bon goût de conserver, aux événements, une dignité, une sécheresse, une banalité et une vraisemblance constantes. Gregory Peck et Lee Remick, tout en distinction, sont parfaitement en situation. Quant à Mrs. Baylock (Billie Whitelaw), sorte de Madame Danvers ("Rebecca") aussi policée que diabolique, elle glace le spectateur de son regard faussement obséquieux.  
 
   Sans doute la mise au goût du jour de cette oeuvre s'accompagnera-t-elle d'une addition de folie, de sang, de sensationnel, indispensables pour tenter de se faire remarquer au milieu d'une production contemporaine où le "toujours plus" est de rigueur. Ce qui est certain, c'est que le film de Richard Donner, tout en simplicité, conserve, comme c'est aussi le cas, par exemple, de "La Maison du Diable", une sacrée puissance évocatrice.
   
Bernard Sellier