Images et Mots
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" Munich
 ",          2005, 
 
de : Steven  Spielberg, 
 
  avec : Eric Bana, Michael Lonsdale, Mathieu Kassovitz, Daniel Craig,
Ciaran Hinds, Geoffrey Rush, Mathieu Amalric, Marie-Josée Croze,

 
Musique : John Williams
















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    Les Jeux olympiques de1972 à Munich. Un commando de Palestiniens dirigé par Ali Hassan Salameh (Mehdi Nebbou) prend en otage plusieurs athlètes israéliens. Ceux-ci seront exécutés. Golda Meir (Lynn Cohen), alors en charge du gouvernement, décide de faire traquer les coupables à travers le monde. Avner (Eric Bana) est chargé de cette mission avec quatre collaborateurs, dont Steve (Daniel Craig) et un apprenti artificier, Robert (Mathieu Kassovitz)... 
 
   Cette oeuvre tient une place à part dans la filmographie de Steven Spielberg, ne serait-ce que par sa position temporelle. Il suit "Arrête-moi si tu peux", "Le terminal", "La guerre des mondes", trois divertissements hétéroclites, et sera suivi par deux autres, en l'occurrence le décevant "Indiana Jones et le crâne de cristal", puis "Tintin, et le secret de la licorne". Autant dire qu'avec "Munich", le réalisateur s'enfonce dans une dramaturgie historique plus que sombre. Les faits rapportés sont-ils fidèles aux événements réels ? Difficile à dire, puisque, apparemment, la mission dont était chargé Avner se révélait officieuse. Un crédit peut être porté au bénéfice du film : celui d'avoir échappé à un manichéisme dangereux, grâce à une dernière partie dans laquelle les questionnements prennent progressivement la place des actions. De fait, une importante portion du drame est consacrée à l'exécution des coupables. Ce qui ne va pas, d'ailleurs, sans quelques approximations qui laissent perplexe, tant les services secrets israéliens sont réputés pour leur 'professionalisme' efficace. On est alors au coeur du "oeil pour oeil", du désir de vengeance primaire compréhensible, avec tout ce que cela implique de sauvagerie et d'immédiateté percutante. Le personnage ambigu d'Ephraim (Geoffrey Rush) résume en quelques mots aberrants cette orientation implacable : 'Vous avez tué pour la paix'. Ce qui en soi est une déclaration d'une totale absurdité. Mais cet engrenage infernal de la répression se grippe progressivement. D'une part, en raison des représailles sanglantes qui accompagnent chacune des exécutions. D'autre part, parce qu'Avner (excellent Eric Bana), mari et père aimant, puis certains de ses associés commencent à se poser les questions inévitables sur la légitimité ou même la simple utilité de ces chasses à l'homme. Le récit s'enfonce alors dans une certaine intériorité qui donne au dernier quart du film une tonalité à la fois mélancolique et résignée. 
 
   L'oeuvre parvient, mais non sans une certaine difficulté parfois, à concilier le spectacle et la réflexion. Mais si le talent de Spielberg transpire souvent, si certaines personnalités marquent durablement (Avner, mais aussi, dans un registre très différent, le tandem particulièrement véreux de Louis (Mathieu Amalric) et de son père (Michael Lonsdale)), l'intensité bouleversante de "La liste de Schindler" n'est ici jamais atteinte, voire approchée.  

  
Bernard Sellier  
 
 
 
 
 
 

 
 
 

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