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Prise au piège,
     Série,     2019 
 
de : Karim  Ouaret, 
 
avec : Élodie Fontan, Manon Azem, Jean-Hugues Anglade, Vincent Rottiers, Samir Boitard,
 
Musique : David Imbault


  
Anna Rivière (Élodie Fontan) est suspectée du meurtre d'un informaticien, Martin Monnier, et incarcérée. Tous les indices pointent vers sa culpabilité. Elle compte sur son amant, David Cayatte (Bruno Debrandt), associé du mort, pour confirmer son alibi et la disculper, mais celui-ci refuse. Elle se rend vite compte qu'elle a été choisie comme bouc émissaire...
 
  La série, inspirée d'un thriller espagnol signé par l'auteur de La casa de papel, se veut assez ambitieuse, au moins sur le plan de l'atmosphère carcérale. Celle-ci est concentrée dans une prison qui se veut modèle, propice à la future réinsertion des détenues. Le directeur de l'établissement, Nicolas Meyer (Samir Boitard) en est intimement persuadé. Dans les faits, c'est une toute autre réalité qui jaillit à la figure de la fragile Anna. Toutes les caractéristiques longuement décrites dans Prison break, ou Oz, sont au rendez-vous ici (violences, intimidations, corruption...), empilées avec une régularité métronomique, un simplisme constant et une galerie de personnages assez caricaturaux. La noirceur générale fait bien sûr son effet, aussi bien émotionnellement que visuellement, mais les réactions des unes et des autres sont trop mécaniques pour éviter une impression d'artificialité générale. Pourtant, ce n'est pas là ce qui handicape le plus cette mini-série. Ce qui est manifeste, surtout lorsqu'on atteint les deux derniers épisodes, c'est que la construction du scénario, ou peut-être le montage, émaillent l'intrigue de trop nombreuses séquences qui cassent le rythme. Soit elles sont trop étirées (le mariage de Fatou (Mariama Gueye), par exemple). Soit elles ne servent pas suffisamment le propos fondamental. La caractérisation d'une atmosphère (soit dit en passant circonscrite à un décor d'une franche originalité), ne doit pas se faire au détriment du rythme, et surtout de l'objectif final, qui devrait être ici centré sur l'innocentement d'Anna. Élodie Fontan est remarquable dans l'incarnation de cette jeune femme injustement accusée et plongée dans un enfer permanent. Il en est de même pour nombre des codétenues, souvent blessées par la vie de façon irrémédiable, ainsi que du père et du frère. 

  Une mini-série intéressante, globalement bien jouée, mais qui souffre d'un déséquilibre important entre ses deux composantes : d'une part un univers carcéral très envahissant, et d'autre part une intrigue criminelle poussive, peu captivante et reléguée à l'arrière-plan.
   
Bernard Sellier