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Revenge,
       2017, 
 
de : Coralie  Fargeat, 
 
  avec : Matilda Anna, Ingrid Lutz, Kevin Janssens, Vincent Colombe, Guillaume Bouchède,
 
Musique : Robin Coudert

 ❤❤❤ 

   
Ne pas lire avant d'avoir vu le film...

   
Richard (Kevin Janssens) arrive dans la villa qu'il a louée en plein désert avec ses deux associés, Dimitri (Guillaume Bouchède) et Stan (Vincent Colombe) afin d'oublier leur stress dans une aprtie de chasse. Mais il est également venu avec sa maîtresse, Jennifer (Matilda Lutz), qui ne tarde pas à susciter la convoitise de Stan... 
 
   Ce qu'il y a de reposant ( si l'on peut oser ce qualificatif... ) dans les films de ce genre, qu'ils aient pour protagonistes des femmes ( "A vif" ) ou des hommes ( "Le justicier dans la ville"... ), c'est que le spectateur connaît à l'avance le mode de progression du drame et même souvent, ce qui est la cas par exemple ici, son dénouement. Quatre personnages, dont une jeune femme, certes aguicheuse, mais victime de trois personnages masculins odieux chacun dans leur genre, avec, sur le trône, un Richard incarnant l'ordure intégrale. Que peut-il bien se passer lorsque la malheureuse jeune femme est balancée dans un précipice et laissée pour morte ? Même le plus ballot des spectateurs aura deviné, vu que la victime réussit en quelques heures à survivre et, plus encore, à retrouver une forme suffisante pour aller à la chasse des prédateurs. Côté péripéties, rien de très neuf donc sous le soleil ( très chaud) du désert, dont les vues sont splendides. 
 
   Si l'on veut se démarquer un tant soit peu des innombrables modèles préexistants, il est nécessaire de puiser dans les ressources de l'esthétique cinématographique. Et Coralie Fargeat, dont c'est le premier long métrage, n'a pas lésiné dans ce domaine. Elle puise dans nombre de registres pour donner à son oeuvre le maximum possible d'originalité ( ce qui n'est pas facile ), et de touches personnelles. Le plus flagrant est, à l'instar de sa consoeur Julia Ducournau ( "Grave" ), un goût immodéré pour le gore et surtout le sang. Celui-ci coule à flots des blessures filmées en hyper gros plans, et devient même, à la fin, une sorte de fresque murale inondant les murs de la somptueuse villa. On ne compte plus également, dans un registre plus paisible, les nombreux plans qui se veulent inventifs et les cadrages élaborés. Impossible de ne pas reconnaître également la faculté qu'a la réalisatrice d'étirer les scènes lorsqu'il le faut, afin de faire monter l'adrénaline au maximum ( la poursuite finale dans le dédale des pièces ), ainsi que l'implication des quatre acteurs qui jouent à fond le jeu de leurs rôles. 
 
   Mais c'est sans doute là que le bât blesse. Tout cela est justement un jeu hyperfabriqué, de la première à la dernière image, avec des personnalités totalement figées ( la victime et les meurtriers ), évoluant dans un jeu de massacre artificiel que l'on prend un malin plaisir à nous montrer avec le plus de radicalité possible. La psychologie n'a pas une once de place dans ce processus mortifère, et seuls se manifestent les instincts basiques de la survie coûte que coûte. Du coup, l'esthétisme outré affiché par la réalisation jette sur ce qui aurait pu devenir un authentique épisode de survie ( comme dans "Le convoi sauvage", par exemple ), un voile de clinquant, d'opportunisme et de complaisance aussi déplacé que douteux.

   
Bernard Sellier