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Silo,
      Saison 3,     2026 
 
de : Graham  Yost, 
 
avec : Rebecca Ferguson, Tim Robbins, Harriet Walter, David Oyelowo, Rashida Jones, Common, Geraldine James,
 
Musique : Atli Örvarsson


 
Saison 1       Saison 2

 Ne pas lire avant d'avoir vu la saison

 
Juliette Nichols (Rebecca Ferguson), aidée par Solo (Steve Zahn), a réussi à quitter le silo 17 et à retourner dans le 18, avertir les occupants qu'ils ne doivent pas sortir. Elle se trouve en face de Bernard (Tim Robbins), qui cherche à quitter le silo après que les rebelles du sous-sol ont réussi leur coup de force, mais ils sont environnés par les flammes jaillies dans le sas. Quelques semaines plus tard, Juliette est nommée maire du silo et a repris une existence presque normale, à ceci près qu'elle est amnésique. C'est tout au moins ce que Robert Simms (Common) et sa femme Camille (Alexandria Riley) veulent lui faire croire... Des décennies (ou siècles ?) auparavant, le député Daniel Keene (Ashley Zukerman) cherche à comprendre en quoi consistait la mission en Iran de sa sœur Charlotte (Jessica Brown Findlay), pilote de chasse, revenue grièvement blessée et amnésique...
 
 Cette troisième saison développe son contenu en deux périodes bien distinctes, le présent dans le silo, et un passé que l'on a de la difficulté à situer dans le ruban du temps. Dans tout le récit qui a trait à la vie à l'intérieur du silo, on retrouve intactes toutes les qualités de la première saison. Tensions extrêmes aussi bien sociales qu'intra familiales, étude approfondie des personnalités, mystères en tous genres, engagements jusqu'au-boutistes. Bref, tout ce qui constitue l'essence de cette série hors normes. Dans le registre qui touche le début du commencement de cette création délirante, nous suivons le parcours du député Keene et de la journaliste Helen Drew (Jessica Henwick), tous deux plongés dans la folie du multimilliardaire Per Stenson (Colin Hanks). Il est impossible de ne pas songer à Elon Musk et à son abracadabrante idée de coloniser la planète Mars. Certes, il y a encore, de-ci, de-là, quelques séquences qui traînent un peu en longueur (la voiture folle dans laquelle sont enfermés Daniel et Helen) ou encore des parlotes passablement longuettes. Ce qui est évident, c'est que ces réserves sont instantanément oubliées face au souffle épique et émotionnel qui emporte tout sur son passage, ainsi qu'à l'inventivité qui ne faiblit jamais. Même ce qui pourrait apparaître comme une facilité narrative (l'amnésie de Juliette au début de l'histoire) s'insère avec une logique parfaite dans la construction du récit.

 Le spectateur pouvait avoir l'impression que la saison 2 était en demi-teinte, qu'elle semblait capitaliser sur l'extraordinaire réussite de la première saison, tout en se faisant frileuse sur les révélations que chacun attendait avec fébrilité. Ici, c'est tout le contraire. Nous avons droit à un déferlement explicatif largement développé, qui ne manque pas non plus de surprises majuscules (la cryogénisation dans le silo 1, la Voix qui donne les ordres...). Bien sûr, il manque encore quelques clés qui, espérons-le, seront offertes dans l'ultime saison 4 qui doit sortir à l'été 2027. Mais c'est avec un plaisir intense que nous quittons cette saison 3, qui offre au spectateur tous les développements que Lost n'avait pas eu le courage ou l'inventivité de proposer.
  
 Bernard Sellier