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Blow out,
      1981, 
 
de : Brian  de Palma, 
 
  avec : John Travolta, Nancy Allen, John Lithgow, Denis Franz, Peter Boyden, 
 
Musique : Pino Donaggio

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Jack (John Travolta), spécialisé dans la prise de son, travaille pour Sam (Peter Boyden), qui ne tourne que des nanars. Une nuit qu'il enregistre les sons de la nature, il est témoin d'un accident de voiture. Il sauve une jeune femme, Sally (Nancy Allen) de la noyade. Il apprend quelques heures plus tard que le passager mort n'est autre que le gouverneur McRyan (John Hoffmeister), qui était sur le point d'annoncer sa candidature à la Présidence...
 
   En 1981, Brian de Palma a déjà de belles réussites à son actif, en particulier «Carrie», «Obsession», «Furie», ou encore «Pulsions». Il y a bien trois décennies que nous n'avions pas visionné ce film qui, quatre ans après «La fièvre du samedi soir» a confirmé le charisme de John Travolta. Il faut dire qu'il porte l'histoire entièrement sur ses épaules. Quelques plongées récentes dans des films anciens ont apporté leur lot de désillusions. «Le samouraï», tout comme «Bullitt» ont mal supporté, à nos yeux, l'épreuve des ans. Sans doute en raison des goûts qui évoluent avec l'âge, mais aussi parce que des changements radicaux se sont installés progressivement, depuis deux décennies environ, à travers les oeuvres destinées au grand écran, mais aussi à travers les séries qui ont envahi notre quotidien de cinéphiles. Il est difficile, aujourd'hui, de se passionner pour une intrigue dont les personnages sont aussi transparents, pour ne pas dire inexistants. Si l'on excepte, à la rigueur, le Jack de John Travolta, sympathique dans sa décontraction virile et dans sa rage de savoir, et la Sally de Nancy Allen, pour sa fragilité et son inconscience, il ne reste pas grand monde pour habiter ce drame, même si John Lithgow se montre déjà inquiétant. Beaucoup de temps est passé à explorer le film de l'accident et la bande son, mais il faut avouer que tout cela n'est guère excitant. Heureusement que le spectateur retrouve périodiquement la patte visuelle du réalisateur (multi écrans, panoramiques circulaires dans la salle de montage, plongées vertigineuses, meurtre dans les toilettes...), car le scénario se révèle bien simpliste et l'émotion est passée aux oubliettes. Il faut même attendre les derniers plans pour que l'on retrouve l'aura musicale du grand Pino Donaggio. Nostalgique, certes, mais un tantinet décevant...

   
Bernard Sellier