La troisième guerre mondiale, avec armes nucléaires à la clé, est sur le point de débuter. Un groupe de multi milliardaires sont appelés pour entrer dans le bunker souterrain grand luxe, Kimera, qu'ils ont financé, et qui est dirigé par Minerva (Miren Ibarguren). Il y a là Guillermo Falcón (Joaquín Furriel), sa femme Mimi (Agustina Bisio) et leur fille Asia (Alícia Falcó). Lorsque Guillermo se rend compte que Max Varela (Pau Simon), responsable de la mort de sa fille Ane (Monica Mara) et récemment sorti de prison, est là en compagnie de son père, Rafael (Carlos Santos), et de sa mère Frida (Natalia Verbeke), il entre en fureur...
Les premières minutes de plongée dans cette aventure concoctée par le génial créateur de La Casa de Papel laisse interloqué. On a l'impression de voir évoluer des personnages dotés de masques de cire, au jeu fréquemment emphatique, qui semblent tout droit sortis de l'IA. Cette impression est encore renforcée par le choix d'une colorimétrie hypersaturée à base d'orange et de bleu. Et on peut se demander avec juste raison et inquiétude ce qui nous attend dans ce qui semble être un univers complètement artificiel. Qui plus est, le scénario paraît calqué sur le captivant Silo, et la comparaison première est loin d'être en faveur de ce refuge atomique. Mais les premières apparences sont parfois trompeuses. Lorsque le huitième épisode de cette première saison se termine, on éprouve le plaisir intense et coupable d'avoir dégusté une montagne russe de manipulations qui laissent ébahis et admirateurs. Bien sûr, il ne faut pas être trop regardant sur la vraisemblance de l'ensemble, mais cette Himalaya d'arnaques hypersophistiquées (merci l'IA Roxan !) procure une sensation de vertige qui peut rendre le spectateur définitivement accro. Au milieu de cette manipulation savamment montée par une Minerva charismatique, secondée par son frère Ciro (Álex Villazán) complètement déjanté, évoluent des personnalités dont l'analyse est distillée avec le talent que l'on avait déjà pu apprécier au sein de La Casa de Papel. Nous retrouvons ici le même type de prises de vues, le même goût pour les couleurs vives, et, ce qu'on peut regretter, une overdose de palabres qui se révèlent parfois gonflantes. Il n'empêche que nombre de personnages sont captivants, voire touchants, notamment la jeune Asia et le père de Max. Mieux que toutes les théories sur l'évolution rapide et incontrôlée des avancées scientifiques, il suffit de mettre en parallèle cette création avec le génial Arnaque de George Roy Hill, pour mesurer l'abîme technologique qui sépare la construction de ces deux escroqueries de haut vol. Et, par la même occasion, nous avons, d'une façon incontestable et totalement réaliste, une vision de ce qui se produira dans les prochaines années, avec une profusion de manipulations raffinées au plus haut point, qui ne nous permettront pas de distinguer le vrai dans ce que nous voyons et entendons. Même s'il s'agit de nos proches. Nous avons eu l'occasion de développer ce sujet dans le troisième épisode de notre podcast Bâtissons un futur enchanté.
Il y a bien longtemps que nous n'avions pas attendu avec autant d'impatience la suite de ce délire visuel et narratif. Espérons que la déception ne soit pas au rendez-vous, comme cela avait été le cas avec le deuxième épisode de Silo... Incompréhensible, en revanche, la note de 5,7 donnée sur IMDB...