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Le comte de Monte-Cristo,
     série,    2025,  
 
de : Bille  August, 
 
  avec : Sam Claflin, Jeremy Irons, Ana Girardot, Blake Ritson, Mikkel Boe Følsgaard,
 
Musique : Volker Bertelmann


 
Edmond Dantès (Gérard Depardieu) est sur le point d'épouser la belle Mercedes (Ana Girardot). Mais Danglars (Blake Ritson), jaloux de ne pas avoir été nommé capitaine par l'armateur Morrel (Nicholas Farrell), le dénonce pour appartenance bonapartiste. Il est convoqué par le substitut du procureur du roi, Gérard de Villefort (Mikkel Boe Følsgaard), et se retrouve enfermé au château d'If...

  Quelques mois après la sortie de l'honorable version en film, avec en vedette Pierre Niney, sort enfin une transcription en série, seul format capable de rendre hommage à la richesse inspirée du roman d'Alexandre Dumas. La précédente tentative, signée par Josée Dayan, avec, en vedette, un Gérard Depardieu en décalage total avec le personnage racé d'Edmond Dantes, était détestable. Ne parlon même pas des catastrophes qui ont vu le jour, telle La vengeance de Monte-Cristo, commise par un Kevin Reynolds qui avouait lui-même mépriser le roman de Dumas ! 
   
  Les premières impressions sont excellentes. Sam Claflin possède le charisme et le charme élégant qu'avaient jadis des interprètes comme Jean Marais, Pierre-Richard Willm, Jacques Weber, ou encore, aujourd'hui, Pierre  Niney. Deuxième bonne surprise - car il est désormais possible de s'attendre au pire - la dramaturgie de la première scène capitale, en présence de Gérard de Villefort, est parfaitement respectée, contrairement au contresens incompréhensible qu'avait choisi Josée Dayan. La suite ne fait que confirmer la fidélité générale de cette adaptation. Cette fidélité n'est bien sûr pas absolue, et il peut être regrettable, pour tous les amoureux du roman, que les derniers dénouements soient assez éloignés de ce qu'a écrit Alexandre Dumas, ou encore qu'aient été supprimés des passages soit jouissifs (le procès du prince Andréa Cavalcanti, devenu ici Gaston), soit profondément mystérieux (la fausse mort de Valentine, empoisonnée par sa belle-mère). Mais il est impossible de ne pas saluer avec enthousiasme cette transcription qui établit un nouvel étalon dans les nombreuses adaptations du chef-d'œuvre de Dumas, ainsi que l'incarnation, toute en subtilité, que livre Sam Claflin. Ana Girardot est une touchante et discrète Mercedes, et le trio des dénonciateurs est dominé par un Danglars très expressif, incarné par Blake Ritson qui fait plus d'une fois penser à Charles Denner.

  Un seul regret : que ce soit un réalisateur danois et un acteur britannique qui nous offrent, à ce jour, une version captivante, sans reproche majeur, de cet ouvrage génial. 
   
Bernard Sellier