Images et Mots
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" Sixième sens ",
      ( The sixth Sense ),           1999, 
 
de : M. Night  Shyamalan, 
 
  avec : Bruce Willis, Haley Joel Osment, Toni Collette,
Olivia Williams, Trevor Morgan,
 
 
Musique : James Newton Howard
















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   Malcolm Crowe (Bruce Willis) est un brillant psychologue pour enfants. Récompensé par le Maire de Philadelphie, où il réside avec son épouse, Anna (Olivia Williams), pour services rendus, il fête ce soir-là cette distinction. Mais un de ses anciens patients, Vincent Grey (Donnie Wahlberg) s'introduit chez lui et le blesse grièvement avant de se suicider. Quelques mois ont passé. Malcolm et Anna ne se parlent plus. Il décide de se consacrer au petit Cole Sear (Haley Joel Osment) qui vit seul avec sa mère Lynn (Toni Collette) et souffre de graves troubles psychiques. Peu à peu Malcolm parvient à pénétrer les défenses de l'enfant et à communiquer avec lui. Cole lui livre alors son "secret"... 
 
   Avant "Incassable" et "Signes", aux sujets plus que prometteurs et aux conclusions plus que décevantes, M. Night Shyamalan avait explosé médiatiquement avec ce film qui était pourtant son troisième. Comme la plupart des spectateurs, j'avais été bluffé, au bon sens du terme, par ce final qui a fait couler beaucoup d'encre et qui, bien sûr, pour qui ne connaît pas l'intrigue, peut se révéler un coup de tonnerre. Même si la solution du drame n'est pas vraiment une trouvaille originale (je pense particulièrement à l'excellent "Echelle de Jacob" de Adrian Lyne), il faut reconnaître au réalisateur un art magistral dans l'avènement de ce dénouement. 
 
   Mais, pour une seconde vision quelques années plus tard, se pose, dans le cas de ce type d'oeuvre qui repose grandement sur un final particulièrement réussi, une importante question : la connaissance de l'histoire va-t-elle casser en grande partie, sinon totalement, l'intérêt ressenti primitivement ? Eh bien, dans le cas présent, la réponse est assurément : non ! C'est la preuve que, si la qualité première de ce scénario repose sur sa conclusion, tout son développement révèle, au fil des visions successives, l'excellence de sa progression dramatique et la subtilité avec laquelle le réalisateur scrute, analyse les troubles du jeune Cole. Sans jamais céder au superficiel tapageur, avec un sens de l'ellipse magistral, une sensibilité à fleur de peau, il pénètre très progressivement dans le monde des perceptions extra sensorielles du garçonnet. Et, si Bruce Willis, à peine sorti du "Chacal", de "Couvre-feu" ou d'"Armageddon", surprend fort agréablement dans cette composition toute en finesse d'un psychologue désemparé par un échec thérapeutique, que dire de Haley Joel Osment qui avait fait une apparition dans "Forrest Gump" cinq ans plus tôt ? Les qualificatifs semblent dérisoires pour rendre perceptible le génie de son incarnation ! Découvrir chez un enfant de onze ans une telle intensité dans le regard, dans le jeu, dans le pouvoir d'émotion transmis à la caméra, relève purement et simplement du miracle !  
 
   Un seul souhait : que le prochain film de M. Night Shyamalan, "The Village" retrouve le chemin de cette exceptionnelle réussite.
  
 
  
Bernard Sellier  
 
 
 
 
 
 

 
 
 

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